Cette rencontre a réuni auteurs, éditeurs, libraires, journalistes, étudiants et lecteurs autour d’un objectif clair : créer un cadre d’échanges direct entre les acteurs de la chaîne du livre.
À cette occasion, la librairie officielle de la Rentrée littéraire a été inaugurée, marquant ainsi le démarrage effectif des activités.
Pour Ibrahima Aya, directeur de la Rentrée littéraire, cette initiative constitue une première sous ce format : « Nous avons organisé notre premier Café de la presse littéraire afin de créer un cadre d’échanges entre les journalistes et les invités de cette édition : éditeurs, élèves, auteurs et lecteurs ».
Ce rendez-vous annuel, devenu incontournable pour les amoureux du livre, intervient dans un contexte national marqué par des contraintes économiques et logistiques. Les organisateurs ont tenu à saluer la mobilisation des auteurs et libraires maliens, ainsi que celle des partenaires étrangers, malgré les difficultés.
Thierry Perret, journaliste et membre de l’organisation, a souligné que la création littéraire trouve parfois sa force dans l’adversité.
« La création, et particulièrement l’écriture, est souvent stimulée par l’inconfort. Malgré les complications liées à la situation du pays, cette édition est une réalité. La crise des moyens existe depuis des années. Ces trois dernières années, elle s’est accentuée, mais chaque édition nous pousse à innover».
Il reconnaît que la hausse du coût des déplacements limite la présence physique de certains auteurs étrangers. Toutefois, leur participation se manifeste autrement :
« Nous valorisons leur présence à travers leurs écrits. Nous publions un magazine réalisé sans moyens financiers, uniquement grâce à la compétence des journalistes membres de l’organisation et à la foi que nous avons en cette activité. Il s’agit pour nous de raconter notre propre histoire».
La rencontre a également suscité l’enthousiasme des jeunes lecteurs. Mariam M., étudiante, témoigne : « J’adore lire. Ce cadre me donne envie d’écrire. J’ai l’occasion de rencontrer les auteurs, de discuter avec eux et de comprendre l’envers du décor ».
Malgré un format resserré, les activités traditionnelles dans les écoles et universités sont maintenues, confirmant la volonté des organisateurs d’inscrire l’événement dans une dynamique éducative durable.
Placée sous le thème « L’Afrique dans le monde de demain », cette 18e édition invite à une réflexion sur les mutations technologiques, les opportunités économiques et les ressources culturelles du continent.
Pour Chaca Coulibaly, membre du Club des lecteurs du Mali, la Rentrée littéraire demeure un outil stratégique de promotion de l’ensemble de la chaîne du livre :
« Elle vise à promouvoir les éditeurs, les écrivains, les libraires, les distributeurs et les associations engagées dans la valorisation du livre et de l’écriture».
Il insiste sur l’enjeu identitaire du thème retenu : « Aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation, il est essentiel que l’Afrique raconte elle-même son histoire. L’indépendance passe aussi par l’écriture. Les Africains doivent se reconnaître dans leurs propres récits et ne plus se voir uniquement à travers le regard des autres ».
À sa 18e édition, la Rentrée littéraire confirme sa capacité de résilience. Malgré les contraintes financières et les défis organisationnels, elle continue d’offrir un espace d’expression et de réflexion à la littérature malienne et africaine.
Plus qu’un simple événement culturel, elle s’impose progressivement comme un instrument de souveraineté narrative, où l’Afrique écrit et pense son avenir.
Aminata Agaly Yattara
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