Rarement une audience du Tribunal Militaire de Yaoundé aura autant capté l’attention nationale. En deux jours d’interrogatoires intenses, un témoin clé, Alain Ekassi, a livré un récit déroutant qui bouleverse l’opinion et relance les interrogations sur l’assassinat de Martinez Zogo. « Ce que j’ai vu m’a glacé le sang », confie un proche présent à l’audience, tant les déclarations ont mis en cause des personnalités influentes, des réseaux parallèles et des pratiques troublantes.
Ces révélations marquent-elles un tournant décisif dans cette affaire qui hante encore le Cameroun ?
L’audience criminelle spéciale des 24 et 25 novembre au Tribunal Militaire de Yaoundé a été ouverte par le président de la juridiction, dans un climat déjà électrique. Très vite, le témoignage d’Alain Ekassi, présenté comme proche de la victime, deviendra l’élément central de la session.
👉 Un premier ensemble de révélations troublantes
Selon la déposition, trois jours avant sa disparition, Martinez Zogo aurait exprimé des suspicions envers des interlocuteurs rencontrés à Bastos lors d’un rendez-vous professionnel. Des photos prises ce jour-là auraient circulé plus tard sur les réseaux, ce qui, selon Ekassi, avait déjà irrité le journaliste.
Le jour des faits, des appels étranges s’enchaînent. Un interlocuteur se présentant comme venant de Douala sollicite une rencontre urgente pour remettre des documents soi-disant compromettants. Ce rendez-vous a bien eu lieu, confirme Ekassi, dans un véhicule identifié, et aurait été précédé d’avertissements prudents de la part d’un proche.
Quelques heures plus tard, l’alerte tombe : Martinez Zogo aurait été « enlevé ». Immédiatement, Ekassi informe le lieutenant-colonel Bialo du Service Central de Recherches Judiciaires, lequel accepte de lancer une série de vérifications techniques. Les listings téléphoniques et des images de vidéosurveillance permettent d’établir que la mystérieuse personne venue rencontrer Zogo se trouvait déjà à Yaoundé et non à Douala.
👉 Identification du suspect et pistes explosives
Le suspect est identifié : Bidzongo Albert. Mais surprise : lorsque Ekassi compose son numéro, c’est le nom d’Arthur Essomba — un individu déjà connu des milieux sécuritaires — qui s’affiche. Celui-ci sera interpellé par une opération de police coordonnée par le commissaire principal Vincent de Paul Meva’a.
Lors d’une audition, Essomba affirme avoir reçu pour mission d’engager une « négociation » avec Zogo au nom d’un homme d’affaires puissant. Une tentative d’appel à ce dernier serait restée sans réponse.
👉 Le volet Martin Savom : révélations en cascade
Le récit prend une autre tournure lorsque le Ministère Public interroge Ekassi sur Savom Martin, également inculpé dans le dossier. Selon Ekassi, un proche de Savom, Georges Alinga, lui aurait confié des éléments sensibles concernant différents événements controversés, évoquant notamment des comportements inquiétants, des manipulations présumées et des relations ambiguës avec certains services.
Un autre témoignage familial renforcerait ces inquiétudes : un oncle de Savom aurait affirmé que ce dernier détenait une vidéo importante liée à l’affaire Zogo et l’aurait transmise à deux personnalités influentes. Par crainte, Ekassi dit n’avoir pas révélé les noms cités.
👉 Un témoin accablant, un accusé déstabilisé
Lorsque Savom interroge Ekassi directement à l’audience, il se retrouve lui-même bousculé par la précision des réponses. Les déclarations selon lesquelles il aurait tenté d’influencer une haute magistrate avant son audition sont particulièrement marquantes.
👉 Une audience longue, tendue et déterminante
Après plus de sept heures d’échanges, aucune zone d’ombre ne semble totalement levée, mais plusieurs pistes deviennent plus nettes.
Le Ministère Public, mené par le Lt-Col Cerlin Belinga, rappelle que « le droit éclaire la nation ». L’audience est suspendue, reprise prévue le lendemain à 10h, sous haute attente.
Les révélations livrées par Alain Ekassi ont secoué le Tribunal Militaire et l’opinion publique, ouvrant des pistes inédites et mettant en difficulté plusieurs acteurs clés. Mais une question demeure : ces déclarations permettront-elles enfin de reconstituer la vérité sur l’affaire Martinez Zogo, ou ajouteront-elles une couche supplémentaire à un dossier déjà labyrinthique ?
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