Les dernières audiences au Tribunal militaire de Yaoundé ont pris une tournure explosive : plus de 7 heures d’interrogatoire, des noms inattendus, des révélations dignes d’un thriller d’État… et un témoin, Alain Ekassi, devenu malgré lui la clé d’un puzzle qui remonte jusque dans les cercles les plus sensibles du pouvoir. « Ce que j’ai vu donne le palu », lâche même un proche, choqué par l’ampleur des révélations. Alors que l’opinion cherche encore la vérité sur l’assassinat de Martinez Zogo, une question brûlante demeure : jusqu’où ces ramifications peuvent-elles monter ?
L’audience criminelle spéciale tenue les 24 et 25 novembre au Tribunal militaire de Yaoundé a fait basculer l’affaire Martinez Zogo dans une nouvelle phase, plus sombre, plus troublante, et surtout plus sensible politiquement. Appelé comme témoin du ministère public, Alain Ekassi s’est présenté pendant plus de sept heures pour répondre point par point aux questions du Commissaire du Gouvernement, Cerlin Belinga. Ce qu’il a dit, et surtout ce qu’il a laissé entendre, a glacé la salle.
Affaire Martinez Zogo : une déposition qui change tout
Selon Ekassi Alain, son implication découle d’un seul motif : le lien fraternel qui l’unissait au journaliste assassiné. Il raconte un enchaînement de faits qui, déjà trois jours avant l’enlèvement, avaient éveillé les soupçons de Martinez. Une rencontre à l’hôtel Starlang, des visages suspects, des photos prises en douce par Mbassi Etienne… « Je ne les sens pas », aurait confié Zogo à son ami, selon le témoin.
Le jour du drame, un appel venu soi-disant de Douala indique posséder des documents compromettants contre Jean-Pierre Amougou Belinga. Rendez-vous à Mahima, voiture Toyota Avensis, avertissement de Vane Chacal… La scène s’est déroulée sous les yeux de ceux que Martinez croyait être des partenaires.
La triangulation des numéros, analysée plus tard par la DGSN, montrera que l’appel n’a jamais quitté Yaoundé.
Savom, Essomba, Belinga : des noms qui dérangent
La partie la plus explosive du témoignage concerne Martin Savom, ancien maire de Bibey et inculpé dans l’affaire.
À la question du ministère public : « Connaissez-vous Georges Alinga ? »—Ekassi répond oui, et lâche une bombe : Alinga lui aurait confié que Savom détenait la vidéo de l’assassinat de Zogo, qu’il l’avait transférée à deux personnalités de la Présidence, un civil et un homme en tenue.
Pire encore, Alinga aurait affirmé que Savom et un colonel de la DSP auraient participé à la disparition du corps de Monseigneur Benoît Balla, affirmant l’avoir jeté dans la Sanaga.
Des accusations que Savom n’a pas pu balayer lors de la confrontation. Au contraire : « Il a pris une douche froide », commente un témoin présent dans la salle.
Quant à Arthur Essomba, celui que l’on prenait pour un simple messager, Ekassi assure avoir découvert qu’il s’agissait d’un faux capitaine, envoyé en mission par… Amougou Belinga lui-même. Les antennes téléphoniques confirment la supercherie.
Une justice sous tension
Malgré les risques et les pressions, Ekassi multiplie les efforts pour récupérer le fameux téléphone de Savom avant son départ supposé du pays.
Tentatives de revente de véhicules de la DSP, trafic d’ossements humains, vol de bébé : Ekassi affirme que la liste des dérives autour de Savom n’en finit plus.
Pendant les échanges, certains accusés comme Eko Eko tenteront d’entrer dans le duel juridique, sans réellement réussir à faire bouger la ligne. Les avocats présents parlent d’« une audience sous tension », où chaque révélation semblait repousser les limites du soutenable.
Le Commissaire du Gouvernement conclura en rappelant que « la justice et le droit sont les lumières qui guident l’opinion nationale et internationale ».
L’audience a été levée pour reprendre le lendemain à 10 heures.
Ce nouveau tournant de l’affaire Martinez Zogo révèle un maillage complexe où s’entremêlent mensonges, trahisons, stratégies d’influence et soupçons au sommet de l’État. Le public, lui, oscille entre colère, incompréhension et soif de vérité. Une question demeure : quelles autres révélations pourraient encore surgir dans cette affaire qui secoue tout le Cameroun ?
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