AN I du Général de division Abdoulaye Maïga à la primature : Un cap courageusement fixé et maintenu malgré des tempêtes !
Certains diront qu’il était revenu en terrain connu pour avoir assuré l’intérim pendant la maladie du Dr Choguel Kokalla Maïga. Mais cela n’enlève en rien le mérite de ce jeune officier-cadre qui a fait preuve de courage et de rigueur pour traverser les tempêtes qui ont éclaté dans un contexte de résilience budgétaire. Un an après, chacun a sa lecture de son bilan. Pour beaucoup d’observateurs, il a été à la hauteur des attentes.
À peine nommé, le Général Abdoulaye Maïga (également ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation) a défini un cap clair et précis pour sa mission de coordination de l’action gouvernementale. Il a ainsi réussi à rapidement insuffler une nouvelle dynamique à celle-ci. C’est ainsi que, dans un environnement économique et financier austère, le jeune officier-cadre a réussi à traverser deux grandes tempêtes presque sans coup férir : EDM SA et les hydrocarbures !
À peine avait-t-il pris fonction qu’il était assis en face de la direction et des travailleurs d’Énergie du Mali (28 novembre 2024) sans démagogie aucune pour écouter leurs propositions, les suggestions, leurs préoccupations… Et une semaine après, il y est revenu comme promis pour la synthèse des propositions et des recommandations. Une démarche participative assez réfléchie qui a permis à la société d’améliorer considérablement la fourniture d’électricité aux Maliens, notamment aux Bamakois. Le plan d’action adopté qui a permis aux Maliens d’avoir notamment de l’électricité durant le mois sacré de ramadan.
Malheureusement, on est presque revenu à la case départ à cause sans doute de la seconde tempête traversée par le navire-Mali sous le commandement du Général Maïga : la tentative désespérée du JNIM d’Iyad Ag Ghali et ses parrains d’imposer un blocus à notre pays ! Loin de paniquer ou de céder au chantage, Abdoulaye Maïga a abordé cette menace avec une grande fermeté. « Même s’il faut aller chercher notre carburant à pied avec des cuillères, nous allons le faire », avait-il promis au lendemain des premières attaques de convois de carburant sur l’axe Kayes-Bamako.
Une déclaration qui traduisait la détermination du gouvernement à assurer l’approvisionnement en carburant du pays, malgré la menace terroriste. Cette fermeté a eu le mérite de rassurer les acteurs du secteur pétrolier et la population qui, dans un élan patriotique résilient, a fait bloc autour des autorités de la transition pour surmonter cette crise. Des mesures d’envergure ont été par la suite déployées pour sécuriser l’approvisionnement et faire face aux « groupes armés désespérés ».
Même si nous ne pouvons dire aujourd’hui que la crise est derrière nous, il est clair que le blocus a plutôt tourné en faveur de nos Forces de défense et de sécurité qui continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi qui voulait s’aventurer sur un terrain qu’il était loin de maîtriser.
Ces deux crises ont permis au chef du gouvernement de démontrer ses qualités de leader, qui a su maintenir chaque acteur dans son rôle pour une synergie d’action plus efficace. Il s’est aussi montré un homme d’action qui préside les différents états généraux des secteurs ; des réunions du comité interministériel de gestion des crises et catastrophes ; du comité de pilotage de la digitalisation de l’administration en vue de rendre opérationnelle une décision présidentielle visant à digitaliser tous les paiements… Et le plus souvent dans la totale discrétion. En vrai leader, il a su obtenir tout de ses collaborateurs sans avoir à taper sur la table.
Des ombres noires qui atténuent un bilan satisfaisant
Certainement que beaucoup attendaient de lui qu’il rassemble les forces vives de la nation le plus souvent malmenées par son prédécesseur qui a beaucoup utilisé la carte de la division plutôt que celle de l’unité. Malheureusement, cette situation s’est aggravée avec ce qu’on peut qualifier de fracture politique marquée par la dissolution des partis politiques suite à l’abrogation de leur charte. Il est vrai que cette réforme est jugée primordiale par certains observateurs qui y lient l’embellie et le renouveau, voire la revitalisation de la démocratie malienne.
Mais, c’est la manière qui laisse beaucoup à désirer puisque donnant l’impression qu’on a jeté le bébé avec l’eau du bain. Sans trop nous aventurer à parler d’atteinte, il est aussi à déplorer une sévère restriction des libertés individuelles, notamment d’opinion, dénoncée à plusieurs niveaux, notamment par des organisations de défense des droits humains. Même si une transition est une période d’exception, elle ne saurait être gouvernée en piétinant les libertés chèrement acquises par le peuple.
Aujourd’hui, il est nécessaire que le Premier ministre réfléchisse à construire un consensus national autour de sa gouvernance en plaidant pour l’élargissement de celles et ceux qui sont considérés par l’opinion nationale et internationale comme des prisonniers politiques ou d’opinion.
Et même si les principes du partenariat avec le Mali doivent être respectés, car clairement et souverainement redéfinis, le PM doit aussi atténuer la virulence de son discours, même à l’égard de ceux qui nous cherchent noise comme la France et l’Algérie. Avec notre voisin (Algérie), il est temps de mettre balle à terre parce que, tôt ou tard, il faudra s’asseoir et discuter pour apaiser nos relations. Il ne s’agit plus d’accepter l’inacceptable, comme l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali qui s’est révélée une camisole de force pour embastiller la nation, mais certainement de redéfinir de nouveaux principes de cohabitation pacifique contraignant même les protégés d’Alger à se mettre au service de la République.
Certes, nous avons aujourd’hui une diplomatie à la hauteur des enjeux de la rectification de la transition et des réformes engagées à cet effet. Mais force est aussi de reconnaître que nos autorités manquent de pragmatisme diplomatique à bien des égards. On peut ménager nos partenaires traditionnels tout en leur faisant comprendre que c’est un nouveau vent qui souffle sur le Mali qui a courageusement opté d’assumer sa souveraineté retrouvée. Comme le disait feu le Général Charles de Gaulle de la France, « les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Également reprise à leur compte par d’autres figures politiques comme le Britannique Palmerston et l’Américain Henry Kissinger, cette citation met en exergue « la nature pragmatique de la politique étrangère » d’un État.
Ainsi, notre quête de souveraineté et de partenariats respectueux de nos principes de coopération ne doit pas nous faire oublier que les alliances et les relations internationales sont basées sur des intérêts nationaux, qui peuvent évoluer, plutôt que sur des sentiments d’amitié permanents !
Hamady Tamba
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