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Sa majesté royale Drolor Bosso Adamtey, membre du conseil d’état du Ghana : « L’entrepreneuriat est un acte de souveraineté en Afrique » !

« Entrepreneuriat, facteur d’intégration et de développement des pays de la Confédération de l’AES » ! Tel était le thème central du panel de haut niveau organisé dans le cadre du premier Salon international de l’Entrepreneuriat de l’Alliance des États du Sahel (SIE-AES, 19-21 novembre 2025). Un événement présenté par le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, comme « une plateforme d’échanges et de coopération économique entre les trois pays membres de l’AES (Mali, Burkina Faso et Niger), avec l’appui du Ghana ».

Pour Sa Majesté Royale Drolor Bosso Adamtey, « l’entrepreneuriat ne se résume pas à des plans d’affaires et à des marges bénéficiaires. C’est le courage de construire là où rien n’existait auparavant. C’est la confiance de croire que ses mains, son esprit, son talent peuvent transformer sa communauté. En Afrique, l’entrepreneuriat est un acte de souveraineté car toute société entièrement dépendante d’idées, de capitaux et d’autorisations extérieurs ne connaîtra jamais la véritable liberté ». Et de rappeler, « on parle souvent du potentiel de l’Afrique comme si nos peuples n’avaient pas déjà prouvé ce dont ils sont capables. La vérité, c’est que les idées ne nous manquent pas. Ce sont les écosystèmes, l’accès, les infrastructures et les capitaux patients qui nous font défaut ».

Mais la volonté politique, elle, est bien présente. Dans toute la région de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), a-t-il souligné, plus de 65 % de la population a moins de 25 ans. « Ce n’est pas une simple statistique, c’est une force. C’est une armée de penseurs, de rêveurs et de bâtisseurs qui attendent l’occasion de transformer le paysage économique de l’Afrique de l’Ouest », a indiqué sa Majesté. Ce constat rend « l’intégration essentielle ». Et cela d’autant que, a souligné l’illustre invité, « aucun pays ne peut bâtir sa prospérité seul ».

C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, « les économies d’Afrique de l’Ouest doivent cesser de fonctionner comme des îles cernées de frontières. Nous devons fonctionner comme un marché unique, un corridor d’investissement unique, un vivier de talents unique. Lorsque les frontières étouffent les opportunités, la jeunesse étouffe avec elles ». Toutefois, a-t-il averti, « l’intégration ne commence pas par des traités. Elle commence par les individus. Par les jeunes Maliens, Ghanéens, Burkinabés et Nigériens qui choisissent de collaborer plutôt que de se faire concurrence. Par les entrepreneurs qui voient des opportunités par-delà les frontières, et non des menaces. Par les chefs traditionnels et les responsables politiques qui comprennent que l’unité n’est pas un slogan, mais une stratégie économique ».

Pour Mme Oumou Sall Seck, intervenant au panel, « l’entrepreneuriat reste aujourd’hui une opportunité immense pour booster nos économies, créer un écosystème commun, valoriser nos ressources et offrir un avenir meilleur à nos jeunes ». Dans son exposé, elle s’est appesantie sur les enjeux majeurs de l’entrepreneuriat au Mali. Il s’agit, entre autres, de la croissance démographique rapide et de la forte demande d’emploi ; de l’inadéquation formation/emploi ; de l’accès limité au financement et aux infrastructures ; des difficultés de commercialisation et de certification ; des contraintes spécifiques pour les femmes, surtout hors de Bamako. « Malgré ces défis, la promotion de l’entrepreneuriat reste un levier central de création de richesse, de cohésion sociale et de souveraineté économique », a assuré Mme Seck en mettant en évidence la stratégie nationale en la matière.

Celle-ci est articulée autour de six axes principaux comme l’optimisation de l’environnement des affaires (formalisation, réduction des obstacles réglementaires, accompagnement des jeunes et femmes) ; l’éducation et développement des compétences (intégration de l’entrepreneuriat dans les formations et renforcement des capacités des formateurs) ; la facilitation de l’accès aux marchés publics et privés (promotion du contenu local et de la sous-traitance), l’innovation et transfert technologique (diffusion des TIC, réseaux interentreprises et soutien aux start-ups high-tech) ; l’amélioration de l’accès au financement (mécanismes innovants et formation en éducation financière) ; et la sensibilisation et réseautage valorisation de l’entrepreneuriat et lutte contre les préjugés culturels).

Pour Mme Oumou Sall Seck, « l’entrepreneuriat est aujourd’hui plus qu’un moteur économique : c’est un instrument de souveraineté, d’intégration et de transformation sociale ». C’est pourquoi, à travers le ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le Mali continue à consentir des efforts pour démontrer qu’il est possible de « construire un écosystème entrepreneurial solide et inclusif, capable de générer croissance, emplois et prospérité pour tous ».

Il est aujourd’hui indispensable que les pays de l’AES agissent en synergie pour faire de l’entrepreneuriat le moteur de leur intégration, de leur développement économique durable.

Moussa Bolly

 

Prôner un leadership pragmatique

Pour l’illustre panéliste du SIE-AES, Sa Majesté Royale Drolor Bosso Adamtey, « si nous voulons que l’entrepreneuriat soit un moteur d’intégration, notre approche doit être honnête et stratégique ». Nous devons ainsi nous poser les questions difficiles. Pourquoi un jeune entrepreneur à Gao, porteur d’une idée brillante, peine-t-il à accéder aux mêmes opportunités de financement qu’à Accra ? Pourquoi une femme qui crée une entreprise à Ouahigouya se heurte-t-elle à des obstacles bureaucratiques qui la découragent au lieu de l’encourager ? Pourquoi continuons-nous d’exporter des matières premières valant des milliards et d’importer les mêmes produits à un prix dix fois supérieur ? Pourquoi laissons-nous les talents se perdre à cause de politiques d’un autre âge ?

À son avis, « ce sont des questions auxquelles nous devons répondre avec courage, car l’Afrique est arrivée à un point où elle ne peut plus se permettre un leadership fondé sur le confort. Nous avons besoin d’un leadership axé sur les solutions ». Et de conclure en rappelant qu’il faut prôner un « leadership qui n’a pas peur de l’innovation. Un leadership qui comprend que la maîtrise du numérique n’est pas un luxe. Un leadership qui sait que la formation technique et professionnelle n’est pas un enseignement de second ordre. Un leadership qui considère l’agriculture comme une activité économique et non comme un simple moyen de survie. Un leadership qui croit que la stabilité du Sahel est la stabilité de l’Afrique de l’Ouest » !

M.B

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