À 48 heures de l’événement, un arrêté administratif vient tout bouleverser. Le sous-préfet de Yaoundé IV a interdit, le 27 novembre 2025, la convention extraordinaire du MRC, prévue ce 29 novembre à Odza. La décision, officiellement justifiée par des risques pour la tranquillité publique, a créé une onde de choc dans la capitale. « On nous coupe les jambes chaque fois qu’on veut se réunir, vraiment ça fatigue », confie un militant rencontré à Nsam. Cette interdiction est-elle une mesure sécuritaire nécessaire ou un nouveau coup de frein à l’expression politique de l’opposition ?
Convention MRC interdite : ce qui s’est réellement passé
Selon l’arrêté signé par Akondi Elvis Mbahangwen, sous-préfet de Yaoundé IV, la rencontre prévue à Odza présentait des risques potentiels de désordre public. Il évoque des correspondances alertant sur des tensions internes et des craintes de débordements.
La convention du MRC devait permettre aux membres d’évaluer la conjoncture nationale et d’officialiser le retour de Maurice Kamto à la présidence du parti. Un moment stratégique, attendu depuis plusieurs mois.
Mais la décision administrative est tombée :
interdiction totale, consignes strictes aux forces de l’ordre et rappel du code pénal pour toute tentative de rassemblement non autorisé.
Cette mesure réactive un schéma bien connu : depuis 2020, plusieurs partis opposés au pouvoir ont déjà été confrontés à des interdictions similaires, souvent justifiées par les mêmes arguments de sécurité.
Retour de Kamto au MRC : un dossier explosif
L’arrêté intervient alors que le MRC traverse une phase interne délicate.
Un courrier signé par Okala Ebodé Joseph Thierry, présenté comme un cofondateur historique, aurait signalé aux autorités des risques liés à cette rencontre. Une démarche qui met en lumière des fractures profondes au sein du parti.
L’enjeu principal de la convention était le retour de Maurice Kamto, après son investiture par le Manidem pour la présidentielle de 2025.
Mais selon les statuts internes, il ne peut reprendre la présidence qu’en 2028, après un cycle de trois ans de militantisme régulier. Pour certains analystes, cette ambiguïté juridique nourrit déjà les tensions.
« Le parti devait clarifier sa ligne, mais on dirait qu’on avance avec le frein à main », glisse un sympathisant du Littoral.
La décision d’éviction passée de Okala Ebodé, pourtant fondateur, est également vue comme une erreur stratégique par plusieurs observateurs politiques.
RÉACTIONS : ENTRE FRUSTRATION ET QUESTIONS DE FOND
Le dirigeant provisoire du MRC, Mamadou Mota, a rapidement réagi et annoncé le report de la convention, sans date précise.
Il dénonce une mesure « surprenante et injustifiée », tandis que certains membres prônent la prudence afin d’éviter tout affrontement avec les forces de sécurité.
Dans les rues de Yaoundé, les avis sont partagés. Certains y voient une décision préventive — « Si ça peut éviter les palabres, bon… » — tandis que d’autres dénoncent une restriction répétée de l’activité démocratique.
La question demeure : à quel point ces interdictions successives influencent-elles la compétition politique à l’approche des échéances nationales ?
L’interdiction de la convention du MRC à Odza ouvre un nouveau chapitre dans la relation, souvent tendue, entre opposition et administration territoriale au Cameroun. À l’approche des échéances électorales, chaque décision prend des allures de test politique. Reste une interrogation essentielle : le MRC parviendra-t-il à tenir sa convention dans un climat aussi électrique ?
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