La capture de Nicolas Maduro n’est pas une opération de justice : c’est le retour du mépris souverain, emballé dans le papier glacé d’un héroïsme de série B hollywoodienne.
Quelle divine surprise pour la conscience occidentale ! Donald Trump, dans un remake survitaminé de l’arrestation de Noriega, vient de nous administrer une leçon de “démocratie par le vide”. On nous chante l’air du narcoterrorisme, ce refrain usé jusqu’à la corde qui sert de passe-partout à toutes les effractions impériales. C’est pratique, la morale, quand elle a le goût du brut vénézuélien.
La faillite des “Gardiens” du multipolarisme
Mais rions un peu — d’un rire jaune — devant le spectacle de l’impuissance slave et chinoise. Où étaient-ils, les grands protecteurs de l’équilibre mondial ?
Poutine, trop occupé à dessiner des lignes rouges en Ukraine que tout le monde franchit désormais avec un haussement d’épaules, s’est fait doubler sur sa droite. Il a rêvé de Zelensky ; Trump a pris Maduro.
Le “Tsar” peut se mordre les doigts : sa logistique de protection s’arrête apparemment là où le kérosène commence à coûter trop cher.
Et que dire de Pékin ? Les champions de la “non-ingérence” regardent leur principal débiteur se faire exfiltrer comme un simple colis FedEx, se contentant de communiqués d’une mollesse spectaculaire. Le “siècle chinois” attendra ; pour l’instant, c’est l’Oncle Sam qui distribue les gifles et ramasse les jetons.
Le “Droit International “: un concept pour les faibles
Quelle superbe satire que de voir les États-Unis invoquer la “lutte contre la drogue” pour justifier une invasion de salon. On rase une forteresse, on piétine une souveraineté, et on s’étonne ensuite que le monde devienne une jungle. L’argument est fallacieux, dites-vous ? C’est un euphémisme.
C’est un crachat à la face de chaque nation qui croyait encore que le Conseil de Sécurité de l’ONU servait à autre chose qu’à décorer les couloirs de New York.
Trump n’a pas seulement capturé un homme ; il a capturé la route du pétrole, étranglé les velléités de Moscou en Amérique latine et rappelé à tout le Sud Global une vérité glaçante : si vous n’avez pas l’arme nucléaire pour sanctuariser votre palais, vous n’êtes qu’un locataire précaire de votre propre pays.
“Aujourd’hui, l’ordre mondial est une fiction, la justice est un rapport de force, et Caracas n’est plus que le nouveau comptoir d’un empire qui ne s’embarrasse plus de gants blancs.”
Le monde “tel qu’il va” court droit à l’abîme, et il le fait avec le sourire carnassier d’un vainqueur qui ne craint plus aucun arbitre.
Abdoul Karim DRAME
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