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Procès postélectoral Cameroun ► révélations

Près de 140 personnes attendues d’un coup, le même jour, devant une juridiction militaire : le chiffre frappe et relance la polémique à Yaoundé. Ce 8 janvier, des commerçants, moto-taximen, étudiants et militants arrêtés lors de la crise postélectorale d’octobre 2025 comparaissent au tribunal militaire, après des semaines de détention. Les avocats dénoncent une procédure « incompréhensible », pendant que des rumeurs de libérations contre argent circulent. « On veut juste comprendre ce qu’on reproche à nos enfants », lâche une mère devant la prison. La justice va-t-elle éclaircir ou envenimer la crise ?

Procès postélectoral au Cameroun : charges et contestations

Ce jeudi, la chambre des flagrants délits du tribunal militaire de Yaoundé ouvre une audience très attendue. Les prévenus, arrêtés pendant la contestation des résultats de la présidentielle, font face à des chefs d’accusation récurrents : « propagation de fausse nouvelle », « attroupement », parfois même « défaut de carte d’identité ». En toile de fond, une accusation revient : avoir affirmé que Issa Tchiroma Bakary était le « véritable vainqueur », alors que les résultats officiels ont consacré la victoire de Paul Biya.

Le dossier choque aussi par certains cas emblématiques. Djombe Awe Pildash, interpellé le 26 octobre par la Légion de gendarmerie du Centre pour avoir porté un t-shirt « Tchiroma 2025, le peuple au pouvoir », est mort en garde à vue au poste central de la gendarmerie, la version officielle évoquant un « malaise épileptique ». Qui répondra sur les conditions de détention, et qui vérifiera les responsabilités ?

Avant même les débats, le collectif d’avocats monte au créneau. « Comment des personnes jugées en flagrant délit peuvent-elles passer près de deux mois en détention ? », interroge Me Hippolyte Meli. Un autre avocat pointe une zone grise : une juridiction militaire est-elle l’enceinte la plus cohérente pour juger une affaire de « fausse nouvelle » ? « C’est une bizarrerie que nous avons du mal à comprendre », glisse-t-il, évoquant une compétence habituellement liée aux armes ou à la sûreté de l’État.

Chiffres d’arrestations, zones d’ombre et soupçons de “marché”

Au-delà du procès, la gestion des arrestations reste un casse-tête. Le 22 décembre 2025, le ministre Paul Atanga Nji a avancé 1 985 interpellations, avec 615 libérations et 963 personnes déférées. Problème : ces données laissent un trou d’environ 400 personnes, sans explication claire sur leur statut. Des organisations, dont le barreau, réclament une commission d’enquête mixte. Qui est encore détenu, où, et sur quelle base ?

À cette opacité s’ajoutent des accusations lourdes : des détenus auraient obtenu une sortie contre paiement, entre 300 000 et 500 000 FCFA, selon des sources proches des dossiers. « Il ne s’agit pas d’une caution en bonne et due forme, mais d’un arrangement discret », confie un avocat, évoquant la pression sur des familles déjà fragilisées. Vrai trafic ou rumeur amplifiée par la peur ? Dans tous les cas, l’idée suffit à miner la confiance.

Dans son discours de fin d’année, Paul Biya a dénoncé un « sentiment rampant d’impunité » et martelé : « Ce n’est pas acceptable ». Reste la question centrale : ce procès va-t-il ramener de la clarté, ou installer durablement une justice perçue comme politique ?

L’ouverture du procès de Yaoundé met à nu les tensions postélectorales : détentions longues, chiffres contestés, et soupçons d’arrangements. Beaucoup attendent un signal fort, pas une démonstration de force. La justice dira-t-elle enfin tout, clairement ?

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