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René Emmanuel Sadi Cameroun ► crise au sommet

Le malaise est désormais public au sommet de l’État camerounais. Le 8 juillet 2025, au palais présidentiel de Yaoundé, une réunion censée préparer l’élection présidentielle du 12 octobre a viré à l’affrontement verbal. En ligne de mire : René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, ouvertement pris à partie par le secrétaire général de la présidence. Quelques phrases sèches, des regards lourds, puis une réplique cinglante. « Pour qui vous prenez-vous ? », lâche Sadi, visiblement à bout. Simple accrochage ou révélateur d’une fracture profonde au cœur du pouvoir camerounais ?

Un baron du régime face à la montée des clans

Longtemps présenté comme un possible dauphin du président Paul Biya, René Emmanuel Sadi traverse aujourd’hui l’une des séquences les plus délicates de sa carrière. Tout part de son intervention prudente sur RFI, la veille de la réunion du 8 juillet, où il évite toute certitude sur une nouvelle candidature présidentielle, rappelant simplement que « le RDPC connaît les dispositions de la loi ».

Cette réserve tranche avec l’assurance affichée par Jacques Fame Ndongo, qui affirme publiquement que Paul Biya sera candidat « à 100 % ». À la présidence, le contraste irrite. Le ton employé par Ferdinand Ngoh Ngoh est perçu comme une humiliation. La réponse de Sadi fuse, rare, directe, presque historique : « Voilà plus de quarante ans que nous servons le président avec loyauté. Votre imposture doit cesser. »

Crise interne et parole présidentielle confisquée

Ancien diplomate, formé à l’IRIC, passé par Le Caire puis la présidence dès 1979, Sadi estime connaître les usages du pouvoir. Pour lui, certaines sorties médiatiques traduisent une confiscation de la parole présidentielle, au détriment des ministres historiques. D’autres voix s’élèvent. Grégoire Owona déplore une cacophonie au sommet, tandis que Joseph Beti Assomo appelle au calme, mettant en garde contre une arrogance politique dangereuse dans un climat social tendu.

Six mois plus tard, la mort en détention de Georges Anicet Ekane ravive les tensions. Dans un message privé largement relayé, Sadi exprime sa tristesse et critique à mots couverts certaines décisions sécuritaires, visant implicitement Paul Atanga Nji. Pour beaucoup, ce n’est plus un simple malaise, mais une fracture.

Marginalisation d’un “monsieur propre” du système

Au sein du sérail, une lecture s’impose : René Emmanuel Sadi ferait partie des barons progressivement mis à l’écart par un cercle plus restreint, réputé proche de Chantal Biya. « Il n’est pas dans les histoires d’argent », glisse une source. « Le poste à la Communication, c’était pour l’humilier », confie une autre.

Malgré une carrière impressionnante – directeur de cabinet, secrétaire général adjoint de la présidence, patron du RDPC, ministre clé – Sadi occupe depuis 2018 un portefeuille perçu comme marginal. Comme Laurent Esso, il incarne une génération de fidèles historiques qui n’acceptent de rendre des comptes qu’au chef de l’État.

La sortie de René Emmanuel Sadi révèle une guerre des clans désormais visible. Entre fidélité historique et mise à l’écart silencieuse, le pouvoir camerounais vacille-t-il de l’intérieur à l’approche d’une élection sous tension ?

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