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Cameroun – Bakassa pleure Joseph Tenekam, chef adoré

Bakassa est plongé dans une douleur profonde depuis l’annonce du décès de Joseph Tenekam, survenu le 12 octobre 2025, des suites d’une courte maladie, à l’Hôpital régional de Bafoussam. Une disparition brutale qui a bouleversé ce village de l’arrondissement de Penka-Michel, dans le département de la Menoua. D’après le programme officiel, les obsèques se tiendront les 23 et 24 janvier 2026 à Bakassa, où l’émotion reste vive. Respecté, adoré et considéré comme le père moral de la communauté, Joseph Tenekam laisse un vide immense.

Un chef traditionnel unanimement respecté

Né en 1947, Joseph Tenekam n’a jamais cherché la lumière. Pourtant, il l’incarnait naturellement. À Bakassa, son autorité ne reposait ni sur la contrainte ni sur le titre seul, mais sur une légitimité forgée par des décennies de droiture, d’écoute et d’engagement constant pour le bien commun.

Chef traditionnel profondément enraciné dans les valeurs ancestrales, il a su les adapter aux réalités modernes sans jamais les trahir. Sous son leadership, Bakassa est resté un village uni, épargné par les querelles internes qui fragilisent tant de communautés rurales. Ici, la parole du chef apaisait, rassemblait et orientait.

Son influence dépassait largement le cadre coutumier. Il était consulté par les notables, les jeunes leaders, les associations locales et même les élites extérieures au village. Sans jamais s’imposer, il inspirait. Sans jamais juger, il conseillait.

Un bâtisseur discret mais déterminant

Joseph Tenekam était aussi un homme d’action. Artisan de formation, entrepreneur dans l’âme, il croyait au travail manuel, à la transmission des savoirs et à l’autonomie économique locale. Sous son impulsion, Bakassa a vu émerger plus de 30 initiatives communautaires structurantes, allant de l’amélioration des voies rurales à l’accompagnement des jeunes artisans.

Il encourageait systématiquement les jeunes à apprendre un métier, convaincu que « le développement commence par des mains qui savent travailler ». Cette vision pragmatique a permis à de nombreux fils et filles du village de s’insérer dignement dans la vie active, sans renier leurs racines.

À Bakassa, on se souvient d’un chef présent sur le terrain, capable de s’arrêter longuement sur un chantier, d’écouter un apprenti ou de soutenir discrètement une famille en difficulté. Un leadership de proximité, rare et précieux.

Bakassa, un village qui l’aimait profondément

L’amour que portait Bakassa à Joseph Tenekam était palpable bien avant son décès. Aujourd’hui, il est visible partout. Maisons endeuillées, marchés ralentis, conversations dominées par les souvenirs : le village vit au rythme de l’hommage.

Pour beaucoup, il était plus qu’un chef. Il était un repère moral, une boussole sociale. L’ingénieur Mbe Polycarpe, président du comité de développement de Bakassa, résume cette relation unique :

« Joseph Tenekam était la colonne vertébrale morale de Bakassa. Il croyait fermement aux compétences locales et nous poussait à bâtir par nous-mêmes. Grâce à lui, nous avons évité des divisions qui auraient freiné notre développement. Il n’élevait jamais la voix, mais tout le monde l’écoutait. »

Ce témoignage reflète une réalité partagée : le chef savait rassembler autour d’une vision commune, sans jamais exclure.

Une autorité morale, jamais politique

La conseillère municipale originaire de Bakassa, Djoussi Feugang Clarisse Bresdel, insiste sur cette dimension essentielle :

« Joseph Tenekam n’était pas q’un acteur politique, mais une autorité morale incontestable. Il n’imposait jamais : il conseillait, orientait, apaisait. Pour nous, élus comme simples citoyens, sa parole comptait énormément. Il incarnait le respect des femmes, l’écoute des jeunes et la protection des valeurs de Bakassa. »

Cette distinction renforce encore son image : celle d’un chef au-dessus des clivages, entièrement dévoué à l’harmonie sociale.

Des obsèques à la hauteur de l’homme

Les obsèques prévues les 23 et 24 janvier 2026 s’annoncent comme un moment historique pour Bakassa. Déjà, des délégations venues des villages voisins et d’autres localités de la Menoua ont annoncé leur présence. Pour beaucoup, il s’agira d’un dernier hommage à un homme qui a su fédérer au-delà de son territoire.

La chefferie traditionnelle, les associations locales et les familles préparent une cérémonie empreinte de dignité, fidèle aux valeurs que Joseph Tenekam a toujours défendues : respect, unité et humilité.

Un héritage qui survivra au temps

Au-delà de l’émotion, Bakassa se tourne déjà vers l’avenir. Joseph Tenekam avait anticipé cette étape, rappelant souvent que « le village est plus grand que ceux qui le dirigent ». Il a formé, conseillé, transmis. Son héritage est vivant.

Il laisse derrière lui une méthode : dialoguer avant de trancher, inclure avant de décider, transmettre avant de partir. Une philosophie qui continuera de guider Bakassa bien après les obsèques. Joseph Tenekam restera à jamais le symbole d’un leadership au service du peuple.

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