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Contrôle américain de TikTok : ce que le nouveau montage change

Trans Afrique

Sous la pression d’une longue bataille politique, TikTok a accepté un montage plaçant l’application sous contrôle américain, via une coentreprise à majorité locale destinée à garantir sa survie aux États‑Unis malgré ses liens avec ByteDance. Cette nouvelle architecture ouvre plusieurs pistes : un contrôle renforcé des opérations, une surveillance accrue des données et une gouvernance plus éclatée. Et surtout, ce dispositif pourrait rebattre les cartes entre sécurité nationale et liberté numérique, au cœur d’un débat désormais incontournable.

Pour les utilisateurs, l’impact reste limité pour l’instant. L’application fonctionne comme avant, sans mise à jour forcée ni rupture visible. En revanche, les nouvelles conditions d’utilisation modifient le cadre : davantage de données de localisation sont collectées et partagées. Et à terme, la gouvernance fragmentée pourrait entraîner des ajustements dans les recommandations, la modération ou certaines fonctionnalités.

On ne sait pas encore si les 200 millions d’utilisateurs américains verront une différence. Pour l’instant, ils n’ont pas eu à télécharger une nouvelle application. En revanche, ils ont dû accepter de nouvelles conditions d’utilisation liées à leur localisation et à l’usage de leurs données. Et cette étape, même discrète, pourrait annoncer des changements plus profonds.

Au cœur du conflit originel se trouve le puissant algorithme de TikTok, dont les législateurs américains craignaient qu’il ne soit utilisé comme une arme de collecte de données ou de propagande par le gouvernement chinois.

– Un nouvel algorithme –

Les nouveaux propriétaires promettent de « réentraîner » l’algorithme qui fait tourner l’application. Mais personne ne sait encore comment cela modifiera l’expérience utilisateur. Et cette incertitude alimente les doutes autour de la transition.

TikTok promet que les utilisateurs américains garderont une « expérience TikTok mondiale ». Concrètement, les créateurs resteront visibles à l’international. Et surtout, les entreprises pourront continuer à opérer partout dans le monde. En somme, la plateforme veut rassurer sur la continuité de son écosystème, malgré les incertitudes politiques.

Cependant, cet algorithme propre aux États‑Unis suscite des interrogations. Et les experts s’inquiètent de son fonctionnement réel, de son indépendance et des influences possibles qui pourraient s’y exercer. Une zone d’ombre qui alimente les doutes autour du dispositif.

« Des questions subsistent sur la manière dont cette nouvelle entité interagira avec les autres versions de TikTok dans le monde », explique Jennifer Huddleston, de l’Institut CATO à Washington. Et cette incertitude souligne un point clé : l’architecture globale de la plateforme demeure floue, malgré les promesses de séparation.

Et ces questions soulignent un point sensible : la frontière entre la sécurité nationale et le contrôle politique reste floue. Sur les risques que cet arrangement ferait peser sur la liberté d’expression. Et ces questions soulignent un point sensible : la frontière entre sécurité nationale et contrôle politique reste floue.

– Pouvoir, influence et incertitude -

L’un des principaux investisseurs de la nouvelle entité est le multimilliardaire Larry Ellison, proche du président Donald Trump. Il finance aussi la récente prise de contrôle de Paramount par son fils David ainsi que l’offre de rachat de Warner Bros. Et cet enchaînement pourrait offrir à la famille Ellison un pouvoir inédit sur les médias américains.

Les influenceurs suivent la situation de près. Leur visibilité et leurs revenus dépendent des rouages opaques de l’algorithme. Et l’incertitude politique les pousse à agir. Certains ont déjà migré vers d’autres plateformes, lassés ou inquiets face aux turbulences qui secouent TikTok.

Quel impact pour TikTok ?

Avant l’entrée en fonction de Donald Trump, le sort de TikTok aux États‑Unis semblait pourtant fixé. Une loi du Congrès avait verrouillé l’issue. Et tout indiquait que la plateforme n’avait plus d’échappatoire.

L’application avait même été brièvement désactivée dans le pays, son plus grand marché, après avoir épuisé tous ses recours judiciaires. Et la situation semblait perdue, jusqu’à ce que Donald Trump intervienne pour lui venir en aide. Une décision qui a brutalement inversé le rapport de force.

« TikTok reste incroyablement populaire aux États‑Unis, mais fait face à une concurrence plus forte que jamais, particulièrement de la part d’Instagram », souligne Minda Smiley, analyste chez Emarketer. Et ce constat résume l’enjeu : la plateforme conserve une audience massive, mais son avance se réduit sous la pression d’un rival désormais incontournable.

– L’algorithme n’est plus roi –

L’algorithme qui avait enflammé le monde il y a cinq ans n’a plus rien d’un atout exclusif. Instagram Reels et YouTube Shorts offrent désormais le même défilement infini de vidéos courtes. Et ces formats captent l’attention, tout comme les annonceurs, à une échelle désormais comparable à celle de TikTok.

Selon Emarketer, les utilisateurs américains passent encore plus de temps sur TikTok que sur les autres réseaux. Et pourtant, ce temps recule chaque année.

L’impact sur la sécurité nationale reste incertain. Et plusieurs experts soulignent que la cession n’a pas dissipé les inquiétudes. Andrew Selepak rappelle que les élus pourraient juger l’accord insuffisant, tandis que Kate Ruane estime qu’il n’a « rien fait » pour renforcer la protection des données. Le maintien de fonctions clés sous contrôle de ByteDance ajoute une zone de risque, laissant planer le doute sur la capacité du dispositif à protéger les intérêts américains.

La cession a peut‑être convaincu l’administration Trump. Et Andrew Selepak, professeur de médias à l’Université de Floride, prévient que le vrai test reste à venir : savoir si elle satisfera les élus qui ont voté la loi l’exigeant. Une incertitude qui laisse planer le doute sur la solidité politique de l’accord.

« L’accord TikTok n’a amélioré la confidentialité d’absolument personne et n’a rien fait pour renforcer la sécurité nationale », dénonce Kate Ruane, du Center for Democracy & Technology à Washington. Et sa critique vise juste : elle remet en cause l’efficacité même du dispositif, accusé de n’être qu’un écran de fumée. Pour elle, rien n’a réellement changé sur le fond.

– Un accord censé rassurer Washington –

La maison mère chinoise ByteDance ne possède plus qu’un peu moins de 20 % de la coentreprise américaine, baptisée « TikTok USDS Joint Venture LLC ». Et la majorité du capital est désormais entre les mains de sociétés principalement américaines. Cette répartition vise à rassurer Washington, même si elle ne dissipe pas toutes les inquiétudes sur l’influence résiduelle de ByteDance.

Le nouveau montage prévoit que des fonctions clés — commerce en ligne et marketing aux États‑Unis — restent sous le contrôle exclusif de ByteDance. Et cette configuration soulève déjà des inquiétudes. Elle pourrait créer un angle mort réglementaire, en laissant à l’entreprise chinoise la main sur des activités sensibles au cœur du marché américain.

« Je ne vois pas comment vous pouvez faire du commerce en ligne sans collecter des données des utilisateurs américains », observe Andrew Selepak. Et son constat souligne un paradoxe central : toute activité numérique repose sur la captation d’informations. Cette réalité place les entreprises face à un dilemme permanent entre efficacité commerciale et exigences de protection des données.

John Moolenaar, président républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, promet une surveillance étroite. Et son avertissement laisse entrevoir des obstacles à venir. Cette posture annonce un rapport de force, avec un Congrès prêt à scruter chaque décision et à contester toute dérive perçue.

Pour Carl Tobias, professeur à la faculté de droit de l’Université de Richmond, Donald Trump a franchi une ligne. Selon lui, l’ancien président a « mis de côté tout ce que le Congrès visait en matière de sécurité nationale ». Et cette rupture, affirme-t-il, expose les fragilités du système. En somme, Trump aurait balayé les garde‑fous institutionnels, laissant planer un doute sur la capacité du pays à protéger ses propres priorités stratégiques.

Source: Agence France-Presse

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