Il est mort loin des siens, dans le silence d’un chantier isolé. Patrick Damboura, jeune ouvrier camerounais, a été retrouvé sans vie après plusieurs jours de souffrance non prise en charge, alors qu’il travaillait pour une entreprise étrangère au Cameroun. Le drame s’est produit récemment dans la région de l’Extrême-Nord. « On ne nous a jamais appelés », confie un proche, encore sous le choc. Comment un tel décès a-t-il pu passer presque inaperçu ?
Un décès qui interroge les conditions de travail
Employé depuis six ans sur différents chantiers, Patrick Damboura avait été affecté à plusieurs centaines de kilomètres de sa famille. Selon ses collègues, il présentait une toux persistante et des signes évidents de malaise. Aucun suivi médical sérieux n’aurait été organisé. Le jeune homme est finalement décédé seul dans son logement de fortune, hors du site de travaux, sans assistance d’urgence. Un chiffre choque : zéro évacuation sanitaire malgré des alertes répétées.
La famille dit avoir appris la nouvelle sur les réseaux sociaux, et non par l’employeur, le groupe CGCOC Group, très présent dans les projets de BTP au Cameroun. Une situation jugée « inhumaine » par des acteurs syndicaux locaux.
La position de l’entreprise a accentué l’indignation. Selon les proches, la direction aurait estimé ne pas être responsable, le décès n’étant pas survenu directement sur le chantier. Une somme de 100 000 FCFA aurait été évoquée comme dernier salaire, laissant le corps en morgue dans la ville la plus proche, sans prise en charge du rapatriement.
La mort de Patrick Damboura relance le débat sur la protection des ouvriers camerounais sur les grands chantiers étrangers. Une enquête indépendante est réclamée. Jusqu’où ira l’indifférence face à ces drames humains ?
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