Le choc est venu du sommet de l’État. En pleine crise au Port autonome de Douala, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a brandi la menace de la démission pour tenter d’imposer sa ligne. Le bras de fer oppose le ministre des Finances Louis Paul Motaze au directeur général du port Cyrus Ngo’o, sur le maintien ou non du contrat avec la société suisse SGS. La réunion décisive s’est tenue le 29 janvier à Yaoundé. Jusqu’où ira cette guerre institutionnelle ?
Un contrat au cœur de l’affrontement
Tout semblait pourtant réglé après un courrier du 26 janvier, attribué à la présidence, validant le départ de SGS du Port autonome de Douala. Mais la crise a rebondi. Réuni autour de plusieurs ministres, dont Jean Ernest Ngallé Bibéhè et René Emmanuel Sadi, le Premier ministre a défendu le maintien du contrat jusqu’en 2032, conformément à la position de Louis Paul Motaze.
Face à Cyrus Ngo’o, qui estime le contrat arrivé à expiration en 2025, Joseph Dion Ngute a tranché : « les contrats engageant l’État relèvent du gouvernement ». Une prise de position ferme, appuyée par la menace de quitter ses fonctions si son autorité était ignorée. Un chiffre cristallise le débat : 4 scanners, installés tardivement et devenus l’argument juridique central.
Malgré cette intervention, le directeur général du port ne désarme pas. Selon des informations concordantes, des opérations de démantèlement des installations de la SGS auraient débuté le 30 janvier, avec un appui sécuritaire, ravivant les tensions au cœur de la capitale économique.
La menace de démission de Dion Ngute suffira-t-elle à clore la guerre du port de Douala ? Ou assiste-t-on à une nouvelle fracture au sommet de l’État ?
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