Le scandale est désormais public. Au Port autonome de Douala, la multinationale SGS est accusée d’avoir capté l’essentiel des revenus du scanning des conteneurs, laissant l’État camerounais avec des miettes. 50 000 FCFA par conteneur vide, zéro franc reversé au Trésor : le chiffre choque. Fin janvier 2026, le démantèlement des installations SGS a été ordonné. Comment un tel contrat a-t-il pu prospérer pendant plus de dix ans ?
Un contrat taillé pour enrichir SGS
Au cœur du Port autonome de Douala, qui traite près de 70 % des échanges extérieurs du pays, le contrat signé en 2015 avec SGS révèle un déséquilibre criant. Les opérateurs paient directement à SGS, avant même validation douanière. Sur un conteneur vide facturé 50 000 FCFA, 0 FCFA revient à l’État. Sur les conteneurs de 20 pieds (60 000 FCFA) et 40 pieds (85 000 FCFA), la royauté plafonne à 10 000 FCFA.
En 2025, environ 300 000 conteneurs ont été scannés. Estimation prudente : près de 19,35 milliards FCFA encaissés par SGS contre environ 2,1 milliards FCFA pour l’État, soit plus de 85 % des recettes pour une entreprise étrangère. Un manque à gagner colossal alors que le port, les douanes et les PME manquent d’investissements.
Face à ce système jugé abusif, le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, a ordonné fin janvier 2026 le démantèlement des installations SGS, malgré la position du Premier ministre Joseph Dion Ngute favorable au maintien du contrat jusqu’en 2032. Le PAD veut désormais basculer vers Transatlantic D SA et reprendre le contrôle d’un levier stratégique.
Accusée d’avoir vidé les caisses publiques au profit de ses profits, SGS se retrouve au centre d’un scandale d’État. Le Cameroun exigera-t-il enfin des comptes, ou laissera-t-il encore filer ses milliards ?
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