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Ty Chérie : L’iconoclaste combattante pour la paix au Mali

Dans ce climat de confrontation permanente, une voix se distingue par sa singularité et sa constance : Tiguida Diagouraka, plus connue sous le nom de Ty Chérie. Sa boussole est claire et assumée : la paix, rien que la paix.

Épouse et mère de famille, Ty Chérie est agent d’accueil à la mairie de Paris. Malgré ses obligations professionnelles et familiales, elle suit de près l’actualité politique malienne. À la manière d’un éditorialiste, elle analyse, commente et prend position sur les grands enjeux nationaux. Son engagement ne date pas d’hier. Depuis une dizaine d’années, elle participe activement aux mouvements citoyens porteurs d’espoir de changement, notamment le M5-RFP.

Une militante engagée mais non partisane

Présente au sein du M5-RFP dès ses premières heures, Ty Chérie s’illustre par une intense activité de mobilisation sur les plateformes numériques : Facebook, Instagram, Twitter (X), groupes WhatsApp, mais aussi à travers des contributions dans la presse. Ses prises de position, parfois tranchées, s’inscrivent toutefois dans une ligne constante : la cohésion sociale, l’entente nationale et le développement du Mali. Elle ne pratique ni la langue de bois ni les demi-mots, préférant la clarté à la complaisance.

Elle accompagne la dynamique du M5-RFP jusqu’à la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta, puis soutient la Transition conduite par le président Bah N’Daw. Mais après l’éviction de ce dernier et l’avènement de la phase dite de la « Rectification », Ty Chérie marque publiquement sa rupture, notamment en raison de son désaccord avec la gouvernance de Choguel Kokalla Maïga. Elle s’éloigne alors de la Transition tout en revendiquant une posture de neutralité critique. Sa ligne reste inchangée : « défendre ce qui est bien fait et dénoncer les dérives ».

L’Armée et les Dozos, ses lignes rouges

Sur certains sujets, Ty Chérie ne transige pas. Les Forces armées maliennes (FAMa) et les Dozos constituent ses lignes rouges. Elle se pose en sentinelle de ce qu’elle considère comme le socle de la sécurité nationale, les défendant sans réserve et appelant constamment à leur soutien. Toute critique publique à leur encontre trouve en elle une opposante résolue.

Dans son lexique militant, elle forge même un terme pour désigner les ennemis de la paix. Refusant l’usage du mot « djihadistes », elle parle de « djihadistes », dérivé du mot djahadi en bamanankan, signifiant partisans du mal. Concernant les Dozos, certaines sources évoquent également un appui matériel et financier de sa part.

Une femme de convictions respectée

Les témoignages convergent pour dresser le portrait d’une militante de conviction.

« C’est une personne incorruptible », affirme Issiaka Tamboura, directeur de publication du journal Le Soft. « Elle est profondément patriote, assume ses choix et ses positions. C’est quelqu’un que je respecte », ajoute-t-il.

Même son de cloche chez Albadia Dicko, président de l’Union nationale des jeunes éditeurs de presse (UNAJEP) : « Je l’ai découverte lors du M5-RFP. Contrairement à beaucoup d’activistes du cyberespace, elle me paraît plus loyale et plus sincère. Elle peut se tromper, mais elle agit par conviction. »

 « La paix par le compromis »

Présidente du Front pour la Paix au Mali, Ty Chérie défend une approche pragmatique du règlement de la crise. Pour elle, aucun sacrifice n’est excessif lorsqu’il s’agit de ramener la paix. Elle plaide pour une paix par le compromis, estimant que les conflits maliens opposent des acteurs aux revendications multiples et parfois contradictoires. La solution passe, selon elle, par des concessions réciproques. Elle s’oppose fermement à la logique de la « toute guerre ».

Ce combat, elle le mène dans un cadre strict de respect des valeurs maliennes : considération pour l’autorité, respect des aînés, refus de l’invective et de la vulgarité. Critique lorsque nécessaire, élogieuse lorsque cela s’impose, elle revendique une liberté de ton sans outrance. Convaincue du potentiel humain du Mali, elle appelle à un large consensus national pour sortir durablement de la crise.

Un autre modèle d’influence politique

À l’heure où certains membres de la diaspora confondent liberté d’expression et invective, Ty Chérie tranche par son discours posé et argumenté. Chiaka Doumbia, journaliste au Challenger, souligne : « On peut ne pas être d’accord avec elle, mais elle avance toujours des arguments solides. Ses analyses géopolitiques pourraient utilement éclairer les décideurs maliens. »

Pour cet observateur averti, Ty Chérie incarne aujourd’hui un nouveau modèle d’influence politique, rare dans un espace public saturé de radicalité et de postures. Une voix singulière, à contre-courant, au service d’une seule cause : la paix au Mali.

Koureichy Cissé

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