Top Header Ad

Marrakech 2026 : L’heure de vérité pour l’enfance mondiale

Sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT), cette rencontre vise à transformer les promesses de salon en réformes de terrain, car le constat est sans appel : l’éradication de l’exploitation des mineurs demeure l’un des plus grands défis de notre siècle.

Cette conférence s’ouvre sur un échec collectif que nous ne pouvons plus occulter. L’Objectif de Développement Durable 8.7, qui promettait la fin du travail des enfants pour 2025, a été balayé par la réalité. 

 Le constat d’un rendez-vous manqué avec l’histoire

Les chiffres de l’OIT sont un affront à notre modernité : 138 millions d’enfants sont encore privés d’enfance, dont 54 millions sont exposés à des travaux dangereux qui mutilent leur corps et leur avenir. Cette stagnation, après des années de progrès, rappelle que sans une réponse structurelle et brutale face à la pauvreté, le monde continuera de sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la productivité.

Pour briser ce cycle, Marrakech relance la campagne «Carton rouge au travail des enfants» avec une agressivité numérique assumée. L’idée est d’utiliser l’universalité du sport et la puissance des réseaux sociaux pour rendre l’invisible inacceptable. Par un simple geste – un selfie brandissant le carton rouge sous le mot-dièse #EndChildLabour – chaque citoyen du monde est appelé à devenir un ambassadeur de la cause. La stratégie du «selfie-activism» vise à faire de chaque citoyen un rempart à travers une saturation visuelle pouvant inciter les décideurs politiques à assumer leurs responsabilités. Le travail des enfants doit devenir socialement et politiquement insupportable. C’est le message d’une grande clarté qui émane du sol marocain : le travail des enfants n’est pas une fatalité culturelle, c’est un naufrage économique. Chaque heure passée à la mine ou au champ est une heure volée au développement de la nation.

Une géopolitique de la dignité : le miroir sahélien

Pour nous, dans le Sahel, ce sommet est un miroir tendu à nos propres fragilités. La protection sociale n’est pas un luxe réservé aux pays riches, c’est un investissement de sécurité nationale. Les pays du Sud Global ne peuvent espérer émerger s’ils continuent de bâtir leur croissance sur le dos de leurs enfants.

L’enjeu de Marrakech dépasse largement le cadre d’un rapport de l’OIT. Il s’agit de décider si nous voulons que l’éducation soit un droit universel ou un privilège de classe. Protéger l’enfance aujourd’hui, c’est sécuriser la trajectoire de nos nations demain. Car, pour reprendre les mots de Nelson Mandela, sans une éducation solide, la vie reste un passeport sans destination. Le sommet de 2026 doit être le moment où nous cessons de discuter pour enfin agir.

La Rédaction

Crédito: Link de origem

Leave A Reply

Your email address will not be published.