Cette subvention, d’un montant de 100 millions de FCFA, s’inscrit dans une initiative régionale visant à soutenir les pays membres les plus exposés au risque acridien, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal. La décision de la Commission fait suite à l’évolution jugée très préoccupante de la situation acridienne dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest.
Lors de la cérémonie officielle de remise de cette contribution, le représentant de la Commission de l’UEMOA, Roberto Alexendre Vierra a souligné que cet appui financier vise prioritairement la mise en œuvre du Plan national de riposte contre le criquet pèlerin au Mali. Il servira, selon lui, à financer les opérations de prospection, le renforcement des capacités des agents à travers des sessions de formation sur les techniques de surveillance et de pulvérisation, ainsi que l’acquisition de pesticides destinés à la lutte antiacridienne.
Le Représentant résident de la Commission de l’UEMOA a, par ailleurs, félicité les États membres et les Partenaires techniques et financiers pour les efforts conjugués ayant permis de contenir les résurgences acridiennes observées depuis la période 2010-2012, évitant ainsi une crise majeure dans la sous-région. Il a également invité les autorités maliennes à une utilisation efficiente et rigoureuse des ressources allouées, avec une planification adéquate et un suivi strict du dispositif de mise en œuvre afin d’atteindre les résultats escomptés.
Prenant la parole au nom du Gouvernement, le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma, a exprimé la gratitude du Mali à la Commission de l’UEMOA pour cette contribution spéciale, reçue à un moment critique. Il a rappelé que, depuis plusieurs mois, notamment durant la campagne agricole 2025, la situation phytosanitaire était particulièrement inquiétante dans plusieurs pays de la région, dont la Mauritanie, le Niger, le Maroc et le Sahara occidental, avec la présence de groupes de criquets ailés, immatures et d’essaims à forte densité.
Selon le ministre, les opérations de lutte ont mobilisé d’importants moyens terrestres et aériens et ont permis de protéger des milliers d’hectares, même si l’inquiétude a fortement pesé sur le déroulement de la campagne agricole 2025 qui s’achève. Il a salué la participation active du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP) aux opérations menées en décembre 2025 en Mauritanie, à travers la Force d’intervention en Région occidentale (FIRO), sous l’égide de la Commission FAO de lutte contre le criquet pèlerin en Région occidentale (FAO-CLCPRO).
Daniel Siméon Kéléma a également rappelé que le Mali avait sollicité l’appui de l’UEMOA et de la FAO afin de maîtriser le risque d’extension de la menace acridienne vers le territoire national, un scénario qui pourrait affecter gravement la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays. À cet égard, il a salué les réponses positives des partenaires, notamment la FAO, qui a accordé une assistance de 60 000 dollars américains, soit environ 32 millions de FCFA, et l’UEMOA avec les 100 millions de FCFA annoncés.
Cette contribution permettra non seulement de renforcer les capacités nationales d’alerte précoce et de réponse rapide, mais aussi de consolider les investissements du Gouvernement dans une gestion durable et préventive du péril acridien. Le ministre a conclu son intervention par un message d’espoir et de solidarité, appelant à la vigilance collective pour préserver les productions agricoles et assurer la sécurité alimentaire du pays.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
Crédito: Link de origem
