En véritables gendarmes internationaux de la démocratie et des droits de l’Homme, les USA, la France et l’Union Européenne en général ont rejeté les gouvernances d’exception. Et ils se sont ainsi coalisés pour rejeter les pouvoir d’exception sans vernis démocratique, que sont devenus le Mali, le Burkina Faso et le Niger, à partir de la fin d’année 2020.
C’est ainsi que les Occidentaux se sont appuyés sur leurs principes pour rejeter catégoriquement une « coopération dynamique » avec ces pays, qui ont créé l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Et cette hostilité est allée loin, au point d’impacter sur la coopération entre les peuples du Sahel et ceux e l’Occident.
Mais, les dirigeants occidentaux ont sous-estimé la détermination et «l’engagement patriotique » des gouvernants de l’AES. C’est ainsi qu’avec les actions décisives menées dans les trois pays concernés, ces derniers mois, certains Etats occidentaux, dont les USA finissent par revoir la copie de leur hostilité.
En effet, s’inspirant d’abord de l’adhésion des populations aux efforts de gouvernance et d’intégration des dirigeants sahéliens, les USA et certains de ses alliés européens semblent s’inscrire dans un mécanisme de rétropédalage discret, pour des raisons stratégiques. C’est dans ce sens que se situent les derniers positionnements de Washington dans l’espace AES. Il s’agit pour Donal Trump de manœuvrer pour tirer profit économique des importantes ressources du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ce qui incite à se demander si les USA veulent lâcher la France, dont la politique extérieure de domination est abondamment vomie par les peuples africains et particulièrement dans l’espace AES.
Car en se rapprochant de Bamako, de Niamey et de Ouagadougou, les dirigeants américains misent sûrement sur les importantes ressources minières et le marché de consommation de ces trois pays, en vue de leurs exportations.
Il faut préciser, dans ce sens, que la récente visite à Bamako, de Nick Checker, le chef du Bureau des affaires africaines au département d’État américain, consacre un nouveau tournant, celui-ci plus discret mais significatif. Il s’agit pour Washington de revenir, à pas feutré au Sahel, plus intéressé que jamais, avec une stratégie profondément remodelée. Car, après presque cinq années de froid diplomatique, les dirigeants américains s’inscrivent dorénavant dans l’approche plus pragmatique, moins idéologique et clairement axée sur leurs intérêts. Comme pour démontrer plus clairement qu’« un Etat n’a pas d’ami, mais seulement des intérêts »
Reçu par le président de la transition malienne, le général d’Armée Assimi Goïta, Nick Checker sera réaliste sur la réalité du pouvoir incarné par les militaires, dans un contexte sécuritaire exigeant des sacrifices et de mondialisation. Et le diplomate américain de laisser entendre le “respect de la souveraineté du Mali”. Comme pour dire que cette souveraineté prime sur le déficit démocratique, longtemps considéré comme un principe prioritaire.
Il faut rappeler que l’année dernière, le Conseiller principal pour l’Afrique au Département d’Etat du président américain, Massad Boulos, avait indiqué que la démocratie est “appréciée”, mais elle n’est plus un critère de rupture. Ce qui démontre clairement que les USA réajustent le tir face aux pouvoirs d’exception, comme ceux de l’AES. Puisque, le même genre de discours est tenu par des émissaires diplomatiques américains dans d’autres capitales de la région sahélienne et ouest-africaine. Ce qui pousse les experts à relever ce qu’ils appellent « un recentrage sécuritaire », suite à un retrait progressif des bases militaires permanentes au profit d’une présence flexible, mobile et ponctuelle.
En clair, en amorçant une opération de charme pour réajuster ses relations avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, Washington et des Etats européens comme l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, cherchent aussi à tirer profit de l’éviction de la France et à tenter de contrecarrer l’influence forte de la Russie dans la zone. Les USA continuent de lorgner sur les richesses minières (uranium, or, lithium, hydrocarbures, etc) de ces trois pays tout en cherchant à contrecarrer l’ère de la souveraineté réelle. Comme quoi, la quête d’intérêts économiques vitaux peut assouplir des convictions politico-idéologiques.
Boubou SIDIBE/maliweb.net
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