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Semaine de la justice 2026 Donner corps au nouveau visage de la justice et moderniser l’appareil judiciaire !

Le ministre de la justice et des droits de l’homme, garde des sceaux,  Mamoudou Kassogué a présidé, le lundi 9 février 2026, au Centre international de conférences de Bamako, le lancement de la 4ème édition de la semaine de la justice. Pour la circonstance, il avait à ses côtés plusieurs membres du gouvernement, des chefs de parquets et de juridictions ainsi que plusieurs autres personnalités.

Dans son discours de bienvenue, le secrétaire général du ministère de la justice et des droits de l’homme et non moins président de la Commission nationale d’organisation, Dr Boubacar Sidiki Diarrah a rappelé que la semaine de la justice a été instituée suivant la Décision N°2022/MJDH-SG du 10 octobre 2022, de Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux et elle fait suite, entre autres, à la méconnaissance de l’Institution judiciaire, au déficit criard d’information et à la crise de confiance entre la justice et le justiciable. Il ajoutera qu’en imaginant la Semaine de la Justice, le Ministre de la Justice et des Droits l’Homme, Garde des Sceaux a voulu promouvoir un service public de la justice plus efficace et plus performant de nature à restaurer la confiance des citoyens et des justiciables. “Le succès unanimement admis des dernières éditions a permis de se rassurer que l’idée de la semaine de la justice était ingénieuse, pertinente, judicieuse et de nature à permettre de mieux faire connaître l’institution judiciaire, de rapprocher davantage la justice des justiciables, de permettre au citoyen de participer à l’amélioration du service public de la justice par des critiques et des suggestions constructives”, a-t-il martelé. Selon lui, la semaine de la justice est également un moment privilégié d’éclosion des réformes, d’émergence et de mise en œuvre de changements structurels pour l’essor de la justice. La quatrième édition de la semaine de la Justice, dit-il, qui marque le sceau de la pérennisation de cette importante activité pour l’institution judiciaire, s’inscrit dans la consolidation et la capitalisation des reformes et a pour objectif de rendre la justice encore plus proche des citoyens, de les informer sur leurs droits et de promouvoir la bonne distribution de la justice.

Confiance du citoyen dans le système judiciaire

A ce titre, elle se propose de renforcer davantage la confiance du citoyen dans le système judiciaire. Elle est destinée principalement aux citoyens et aux acteurs de la justice. Et de poursuivre que la présente édition intervient à un moment où la justice malienne entre dans une nouvelle ère de fructification des reformes générationnelles entreprises. Aussi, la semaine de la justice est, en outre, une opportune occasion de mettre en exergue certaines réalisations du département au cours de l’année écoulée puisse qu’elle intervient à la suite de la rentrée judiciaire.

Pour Diarrah, l’année 2025 a été marquée par des actions et des activités substantielles notamment : les Concertations régionales sur la justice dans les ressorts des cours d’appel de Bamako, Kayes et Mopti ; le deuxième Forum national sur la Justice organisé exclusivement sur budget national, après celui tenu il y a de cela 26 ans, qui a regroupé les 19 Régions et le District de Bamako ; la tenue de la première réunion des Ministres chargés de la Justice de la Confédération des États du sahel (AES) ; la tenue de la troisième édition de la semaine de la justice ; l’inauguration de la Maison justice ou l’hôtel de la justice à Mopti ; l’érection de la Direction nationale de l’Administration Pénitentiaire et de l’Éducation Surveillée (DNAPES) en Direction générale de l’Administration Pénitentiaire ; la création de la première Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfant ; la création, pour la première fois, de 75 nouvelles charges d’huissiers ; la Décision instituant le Prix de l’intégrité judiciaire Daniel A Tessougué ; l’adoption de la Loi portant modification du statut des fonctionnaires du Cadre de la Surveillance des Services pénitentiaires et de l’éducation surveillée ; le recrutement crédible et transparent de 140 auditeurs de justice en décembre 2025, ramenant le nombre de Magistrats recrutés, rien qu’en 4 ans, à 456 et si cette tendance se poursuit en 2026, le nombre total de Magistrat atteindra, sinon dépassera, pour la première fois depuis notre indépendance, le nombre inespéré, il y a des décennies, de 1000.

En ce qui concerne le renforcement des ressources humaines de la justice, il a indiqué que le chiffre de 945 magistrats est déjà atteint avec les derniers recrutements selon les statistiques de la DNAJ. “Ce chiffre parait extraordinaire si l’on sait qu’il y a de cela quelques années, voire des décennies, le nombre total de Magistrats oscillait environ 250 et 350”, a-t-il fait savoir.

Effectivité du juge de

l’application des peines

En termes de perspectives, il a laissé entendre que l’année 2026 s’avère aussi riche que variée parce qu’il est prévu entre autres : I’opérationnalisation des cours d’appel de Ségou, Sikasso et Gao avec le renforcement récent des ressources humaines ; l’effectivité du juge de l’application des peines pour mettre fin au dépassement des délais de détention et autres abus ; la mise en œuvre progressive du collège des juges des libertés et de la détention ; la tenue des formations collégiales avec les magistrats professionnels au niveau des tribunaux de commerce et la fin de l’échevinage avec la suppression de l’assistance des juges consulaires ; l’expérimentation du bracelet électronique comme mesure alternative à l’emprisonnement ; la finalisation du logiciel de gestion des dossiers judiciaires (LDGDJ) ; la finalisation du projet de loi portant assistance juridique et judiciaire ; la finalisation des projets de textes relatifs au Pôle judiciaire foncier ; la finalisation du projet de décret modificatif portant tarifs des frais de justice ; la finalisation du projet de loi modificatif portant organisation, fonctionnement et compétence de la Cour Administrative d’Appel ainsi que la procédure suivie devant elle ; la finalisation du projet de loi portant création de l’Imprimerie de la justice ; la création de nouvelles charges de notaires ; la finalisation de la première politique pénitentiaire de notre pays ; la finalisation du Programme décennal de Développement du secteur de la justice, 2026-2035 ; la finalisation de la première Stratégie Genre du Département de la Justice ; la publication de la Revue statistique 2022-2025 ; la production du rapport d’activités annuels 2025 des services centraux de la justice et des juridictions pour donner corps à la réédition des comptes et à la culture du résultat instituée par le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux depuis 4 ans ; la publication du Livre blanc du Forum national sur la justice.

Pour sa part, le Garde des Sceaux dira que les différentes activités de la semaine de la justice sont toutes expressives, elles dénotent de la mise en œuvre effective des reformes liant les actes à la parole, de l’évolution de l’Institution judiciaire et des perspectives d’une justice malienne en mouvement progressif et s’adaptant aux réalités sociales. Selon lui, la tenue de la semaine de la justice fait partie, désormais des occasions annuelles à travers lesquelles le département de la justice peut communiquer sur les progrès réalisés et les perspectives dans une logique de renouvellement de notre engagement à poursuivre les réformes nécessaires pour la consolidation des avancées historiques accomplies ces dernières années. A cet égard, rappelle-t-il, l’année 2025 a été celle de la confirmation quant aux retombées positives issues des premières reformes réalisées au triple plan juridique, institutionnel et organisationnel. En effet, après l’adoption du nouveau Code Pénal et du nouveau Code de Procédure Pénale ainsi que la création de plusieurs nouvelles structures, il s’agissait de relever un défi majeur, celui de leur pleine opérationnalisation pour donner corps au nouveau visage de la justice reposant sur quatre grands axes : la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière dans une dynamique de lutte globale contre l’impunité sous toutes ses formes ; le renforcement qualitatif et quantitatif des ressources humaines ; la modernisation de l’appareil judiciaire ; la nouvelle approche novatrice dans la gestion des droits de l’Homme.

En ce qui concerne la lutte contre l’impunité, particulièrement en matière de corruption et de délinquance économique et financière, les deux dernières années du Pôle National Économique et Financier, 2024 et 2025, ont été un tournant décisif avec des procédures ayant abouti à des centaines de milliards de francs CFA en termes de recouvrement direct et indirect au profit du trésor public. Et d’ajouter que la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière, étendue à celle contre le blanchiment de capitaux, la cybercriminalité et le financement du terrorisme, nécessite la mise en commun des compétences spécifiques avérées dans une approche globale, coordonnée et pragmatique tournée vers l’atteinte de résultats probants.

Il s’agit, pour lui, d’utiliser des outils et des moyens permettant à l’État de surmonter des difficultés liées notamment à la porosité des frontières, à la complexité des matières, à l’innovation technique et technologique ainsi qu’aux insuffisances de la coopération judiciaire.

A l’en croire, aucun discours, aucune intervention sérieuse sur l’état de notre justice ne saurait occulter la question fondamentale liée à la modernisation de l’appareil judiciaire à travers l’usage des technologies de l’information et de la communication notamment la dématérialisation des services judiciaires, objet de longues attentes et de recherches, qui s’impose, aujourd’hui, comme une nécessité absolue pour que la justice puisse être en phase avec les réalités du monde moderne.

A ses dires, c’est fort de cette conviction que son département a entrepris une œuvre gigantesque avec l’Agence des Technologies de l’Information et de la Communication (AGETIC-Mali) pour concevoir une plateforme, e-justice, offrant des services en ligne, sur le casier judiciaire, le certificat de nationalité et les dossiers judiciaires.

Il s’agit, dit-il, d’une œuvre qui révolutionne le service public de la justice avec des avantages incomparables liés au gain de temps, d’économie et d’efficacité, à la fois, pour les usagers du service public et pour les services judiciaires. Avant d’annoncer la délivrance digitale inaugurale du certificat de nationalité et du casier judiciaire dont la cérémonie est inscrite au programme de cette quatrième édition de la semaine de la justice.

Abordant la question des droits de l’Homme, le ministre Kassogué a fait remarquer que celle-ci a connu une nette amélioration avec la création de la Direction nationale des Droits de l’Homme qui est devenue une interlocutrice efficace dans l’environnement des structures étatiques et non étatiques dédiées aux droits de l’Homme dans notre pays.

Pour le garde des Sceaux, la justice de notre pays, depuis la rectification de la Transition a réalisé des pas géants que personne ne pouvait imaginer, il y a moins de dix années de cela.

A l’entendre, avec le soutien et l’accompagnement des plus hautes autorités, ressentis à tous les niveaux, les acteurs de la justice n’ont pas droit à l’échec quant à la construction de la nouvelle justice répondant aux aspirations des Maliens. Avant de les appeler à redoubler d’efforts pour consolider les acquis et capitaliser les expériences.

Dans cette dynamique, dit-il, les espoirs sont tournés vers l’adoption prochaine du nouveau Programme décennal de développement du secteur de la Justice dont le draft, déjà disponible, sera enrichi par les pertinentes recommandations issues du Forum national sur la justice.

“La semaine de la justice est toujours une occasion pour appeler à ce qu’il convient d’appeler le contrat moral entre les professionnels de la justice et les citoyens, par lequel chacun doit pleinement jouer son rôle tout en se gardant de poser des actes qui sont de nature à affecter, négativement, la qualité du service public de la justice”, a-t-il souligné. Et de rappeler que les professionnels de la justice sont mal fondés à donner des leçons ou à prononcer des décisions de condamnation à l’encontre des citoyens si eux-mêmes sont les premiers à transgresser allègrement la loi. “C’est cette exemplarité qui est demandée, à vous tous, professionnels de la justice, avocats, magistrats, greffiers, notaires, experts judiciaires, Huissiers Commissaires de Justice, officiers et agents de police judiciaire”, a-t-il dit.

Quant aux citoyens, il a indiqué que l’idéal de justice, les règles morales, la citoyenneté assumée, sont autant de valeurs qui doivent triompher de la tentation et de l’usage de tout pouvoir et de toute influence susceptible créer le déséquilibre, de dénaturer ou d’altérer la vérité est vrai qu’il ne saurait y avoir de corruption sans corrupteur.

                         

   Boubacar Païtao

 

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