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entre espoir, dérives et nécessité de refondation – BurkinaInfo – Toute l’information du Burkina Faso en temps réel

Lorsque le vent de la démocratie a commencé à souffler sur l’Afrique subsaharienne à la suite du discours de François Mitterrand, président français d’alors, l’on a rêvé d’une Afrique sur les rails du développement. On imaginait un continent où le personnel politique se succéderait à la faveur d’élections apaisées, transparentes et crédibles. La démocratie apparaissait comme la promesse d’un renouveau, porteuse de changement et instrument de cohésion sociale.

Mais nul n’avait anticipé que ce vent d’espoir pouvait aussi contenir les germes de divisions profondes.

Les manœuvres politiques malsaines, le népotisme, le tribalisme, le communautarisme, ce que l’on qualifie parfois, à tort, de « démocratie africaine », ont progressivement dénaturé l’idéal démocratique. Dans plusieurs pays, les élections, censées être des moments de choix et d’expression populaire, sont devenues des foyers de tensions meurtrières. Les votes tuent plus que les épidémies en Afrique.

Aujourd’hui, la suspension des partis politiques au Burkina Faso relance avec acuité le débat sur la démocratie en Afrique. Si les peuples africains ont longtemps placé leurs espoirs dans ce système politique, force est de constater qu’il est devenu problématique dans plusieurs États du continent.

Faut-il alors admettre, comme le suggérait Jacques Chirac, que la démocratie ne serait pas faite pour les Africains ? Ou faut-il plutôt reconnaître que ce sont les conditions de son exercice qui ont fait défaut ? Car la démocratie ne se réduit pas à un simple mécanisme électoral de conquête du pouvoir. Elle repose sur des préalables essentiels que sont entre autres, une éducation politique solide, une culture citoyenne enracinée, des institutions respectées et des acteurs responsables.

C’est donc le moment d’interroger non seulement la démocratie comme mode opératoire de désignation des dirigeants, mais aussi les acteurs qui l’animent et les valeurs qui la soutiennent. Une démocratie sans culture démocratique devient une compétition brutale ; sans éducation politique, elle se transforme en instrument de manipulation ; sans éthique, elle dégénère en affrontement.

En définitive, « la démocratie africaine » ne pourra s’épanouir que lorsqu’elle cessera d’être une simple procédure électorale importée pour devenir une culture politique assumée, enracinée dans nos valeurs, fondée sur l’éducation citoyenne et le respect des institutions. Faute de cela, elle restera un idéal détourné, porteur de divisions plutôt que d’espérances.


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