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2026-2027 : années de la culture et de l’éducation : Le nerf de la guerre, c’est le budget

Avec un financement courageux et bien orienté, ces deux années peuvent devenir le socle d’un Mali réconcilié avec lui-même, instruit et culturellement souverain. Le véritable test de la Transition sera donc budgétaire.

 

Décréter 2026 et 2027 Années de la culture et de l’éducation est un acte politique fort. Mais dans un pays éprouvé comme le Mali, la crédibilité d’une telle décision se mesure d’abord à l’aune des ressources financières mobilisées. Sans budget conséquent, ces années risquent de n’être qu’un affichage symbolique de plus, sans impact réel sur la vie des Maliens.

L’histoire récente l’a montré : on ne transforme ni l’école, ni la culture avec des discours, mais avec des investissements lourds, ciblés et durables. Le Président Modibo Keita avait fait de la culture, le socle du développement du Mali. Si les autorités actuelles veulent passer par la culture pour transformer l’Homme malien, nous ne pouvons que nous ragaillardir.

Toutefois, si les autorités de la Transition veulent réussir ce pari, elles doivent rompre avec la logique de reconduction automatique des budgets « insuffisants ».

Je pense qu’il faut une ligne budgétaire exceptionnelle « Culture et Education 2026–2027 », clairement identifiée dans la loi de finances. Cette ligne devrait permettre d’atteindre les objectifs assignés.

Sans cette décision courageuse, le décret présidentiel perdra toute portée transformatrice.

L’éducation absorbe déjà une part importante du budget national, mais les résultats restent insuffisants, faute d’investissements qualitatifs.

Les priorités financières doivent être claires : entre autres la production de manuels scolaires adaptés aux réalités maliennes ; intégration effective des langues nationales ; équipement des écoles (bibliothèques, outils numériques, espaces culturels).

Chaque franc investi dans l’éducation est un investissement dans la stabilité, la sécurité et la souveraineté nationale.

Financer la culture comme un secteur productif

 La culture est souvent la grande oubliée des arbitrages budgétaires. Or, sans financement, les artistes survivent dans la précarité et les industries culturelles restent informelles.

Pour 2026–2027, l’Etat du Mali doit : créer ou renforcer un Fonds national pour la culture et les industries créatives ; soutenir l’édition, le cinéma, la musique, le théâtre et le patrimoine ; accompagner les festivals, résidences artistiques et centres culturels régionaux.

La culture doit être financée non comme un luxe, mais comme un levier économique, social et identitaire.

L’on pourrait mobiliser des financements complémentaires, sans perdre la souveraineté.  Le budget national doit être le socle. Mais il peut être renforcé par : des partenariats avec le secteur privé national ; des contributions des collectivités territoriales ; une coopération internationale choisie, alignée sur les priorités nationales.

Toutefois, l’Etat doit rester maître de l’agenda, afin d’éviter que les priorités culturelles et éducatives ne soient dictées de l’extérieur.

Un budget conséquent n’a de sens que s’il est géré avec rigueur et transparence. Les autorités doivent mettre en place : des mécanismes de suivi-évaluation ; des appels à projets transparents ; l’implication des acteurs de terrain dans la définition et l’exécution des dépenses. Sans cela, les fonds risquent de se diluer sans résultats visibles, alimentant frustration et scepticisme. Les Maliens n’attendent plus des proclamations, mais des preuves.

Oumar Doumbia

(Enseignant à la retraite, à Bla)

 

 

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