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Mining Indaba 2026 : Le Mali en format écosystème change de récit et la prochaine décennie se gagnera sur l’exécution

Cette édition a marqué un tournant : le Mali y était en format écosystème.

Aux côtés de l’État et des organismes du secteur, la délégation a été soutenue par un noyau d’acteurs économiques qui font l’exploitation minière au quotidien : sociétés minières en production, projets en développement, banques, assureurs, fournisseurs d’énergie, logisticiens et entreprises de sous-traitance.

Un message simple : le Mali ne vient plus seulement “se présenter”, il vient se positionner, négocier et sécuriser.

– Ce que Cape Town a réellement testé

Dans les allées d’Indaba, le Mali n’a pas été observé uniquement pour ses ressources. Il a été évalué sur sa capacité d’exécution : produire durablement, sécuriser la logistique et l’énergie, tenir les standards HSE (Hygiène–Sécurité–Environnement), rendre les contrats finançables (“bankables”) et organiser un contenu local crédible.

Autrement dit : la question n’était pas “qui a l’or ?”, mais qui peut produire, livrer et durer dans un cadre en évolution.

Pour bien lire Indaba, il faut le comprendre non comme un événement unique, mais comme une chaîne d’acteurs aux priorités complémentaires : les mines qui sécurisent l’existant, les projets qui cherchent la bancabilité, et l’écosystème (finance, assurance, énergie, logistique, sous-traitance) qui rend l’ensemble durable.

1. Les producteurs d’or : protéger la continuité.

Ce déplacement vers l’exécution se lit d’abord chez les producteurs en activité, pour qui la priorité est désormais la continuité de production. Les opérateurs historiques ne sont pas allés seulement présenter des résultats : ils sont venus sécuriser 2026–2030 et renforcer la prévisibilité opérationnelle.

Leur agenda a été lisible : stabiliser le cadre contractuel et réduire l’incertitude ; consolider les relations avec les partenaires financiers ; sécuriser les chaînes logistiques et énergétiques ; anticiper l’évolution des exigences de contenu local. Dans un contexte de gouvernance minière en mouvement, la priorité n’est plus uniquement la découverte : elle devient la capacité à produire sans interruption.

Mais l’équation ne s’arrête pas aux mines qui produisent.

La prochaine décennie se joue aussi dans les projets qui doivent franchir le passage le plus difficile du secteur : transformer une ressource identifiée en mine réellement construite.

2. Les développeurs : transformer les projets en mines finançables.

La seconde catégorie, particulièrement active dans les couloirs d’Indaba, est celle des projets en transition vers la construction et portées par des sociétés très connu de la place minière malienne ainsi que plusieurs juniors et porteurs de projets.

Ces sociétés étaient allées chercher le passage décisif : du projet géologique à l’actif finançable.  Leur agenda : lever dette et capital ; sécuriser le partenaire technique EPC/EPCM (conception/achats/construction/pilotage) ; avancer des contrats d’achat, de fourniture et de services critiques ; verrouiller énergie, logistique et capacités d’exécution et clarifier les attentes.

Indaba le rappelle : une mine ne naît pas d’une découverte, mais d’un montage crédible technique, financier et contractuel.

2. Autour des mines : la valeur désormais disputée.

Autre un point d’attention de l’édition 2026 : la montée en visibilité de l’écosystème malien autour des mines (banques, assureurs, fournisseurs d’énergie, transporteurs, logisticiens, sous-traitants). Ils ne sont plus des prestataires périphériques. Ils deviennent une partie du modèle économique.

Le message implicite est clair : la rentabilité dépend désormais autant de la solidité de la chaîne d’exécution (locale et régionale) que de la teneur.

Et c’est précisément sur ce terrain que la délégation malienne a envoyé un signal observé à Cape Town : la chaîne d’exécution locale commence à prendre forme.

4. Le fait marquant : la sous-traitance a gagné un statut.

Indaba 2026 a aussi joué un rôle de marché de crédibilité. Les donneurs d’ordre recherchent des partenaires capables de livrer à temps, tenir les standards HSE, documenter la performance et signer des contrats finançables.

Dans ce contexte, plusieurs entreprises maliennes issues de différents segments (travaux, énergie, logistique, maintenance, transformation, assurance…) étaient présentes.

Pour la première fois, la sous-traitance malienne ne s’est pas présentée comme une simple capacité disponible, mais comme une offre plus structurée, intégrée à la chaîne de valeur. Le contenu local cesse ainsi d’être perçu comme un principe administratif : il devient une variable de performance.

Au-delà des contrats immédiats, la question de fond est désormais ouverte : quelle structure industrielle le secteur minier malien prépare-t-il pour la prochaine décennie ?

5. L’or finance, les minerais de transition préparent l’avenir.

Derrière les discussions techniques, une lecture domine : le Mali entre dans une phase double.

– L’or reste le socle financier du secteur.

– Les minerais de transition, notamment le lithium, préparent la prochaine décennie industrielle.

Les acteurs ne négociaient donc pas uniquement une mine : ils négociaient leur place dans le futur mix minier du pays et les conditions d’exécution, de financement et de partage de valeur qui vont avec.

Indaba 2026 n’a pas seulement amorcé des partenariats : il a clarifié la position des acteurs et la direction collective du secteur.

L’exécution comme nouvelle ligne de force.

Mining Indaba 2026 met en évidence une réalité nouvelle : le Mali n’y était pas représenté par un seul bloc, mais par une offensive d’écosystème.

Sociétés minières, projets en développement, banques, assureurs, sous-traitants, fournisseurs d’énergie et de logistique, acteurs publics : chacun était là avec une compréhension plus mature des enjeux (financement, contenu local, chaîne d’exécution, conformité, performance opérationnelle).

Cette convergence est une force : elle signifie que notre pays commence à parler le langage qui compte : celui de l’exécution, de la bancabilité et de la captation de valeur.

Mais elle implique un travail clair pour la suite :

– transformer la visibilité en contrats, référencements et partenariats ;

– faire monter les standards pour sécuriser l’accès durable aux marchés ;

– structurer le financement afin que les entreprises puissent tenir les délais et absorber les cycles de paiement ;

– organiser une coordination plus fluide entre l’État, les mines, les banques, l’assurance et la sous-traitance pour que le contenu local devienne une industrie, et pas un slogan.

Les rideaux sont tombés sur Indaba. Mais le message de Cape Town reste : la prochaine décennie minière au Mali se gagnera moins sur l’annonce… que sur l’alignement et l’exécution.

Mahamet Traoré, Expert en Communication.

Ancien Chargé de communication au ministère de l’Economie et des Finances

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