Dans un contexte régional marqué par des recompositions diplomatiques, Bamako tient à dissiper toute ambiguïté. Le ministre malien des Affaires étrangères a démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux évoquant un prétendu retour de l’ambassadeur du Mali à Alger. « Ces fausses informations sont délibérément distillées par des personnes mal intentionnées pour semer la confusion », a indiqué le ministre Abdoulaye Diop dans le communiqué.
Bamako droit dans ses bottes ?
Ce démenti intervient dans un climat diplomatique toujours tendu entre Bamako et Alger. Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir sur les événements qui ont conduit au rappel de l’ambassadeur malien. Le 6 avril 2025, le Mali a rappelé son ambassadeur en Algérie. Il a été solidairement rejoint par le Niger et le Burkina Faso — les autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette décision faisait suite à un incident grave survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Cette nuit-là, l’armée algérienne a abattu un drone militaire malien près de la localité frontalière de Tin Zaouatine, dans le nord du Mali. Les versions des deux parties divergent : Alger affirme que l’appareil avait violé à deux reprises son espace aérien, tandis que Bamako conteste fermement cette version, accusant l’Algérie de « sponsoriser le terrorisme international ».
Dans la foulée de cet incident, Bamako a saisi la Cour internationale de Justice en septembre 2025, invoquant une atteinte à sa souveraineté. Toutefois, la procédure s’est enlisée, la juridiction internationale indiquant ne pas pouvoir examiner le fond du dossier en l’absence de reconnaissance formelle de sa compétence par l’Algérie. Cette situation a conduit à l’abandon de la procédure, sans règlement du différend, renforçant à Bamako le sentiment d’un dialogue bloqué.
Une situation contrastée ?
Le démenti de Bamako intervient dans un contexte où l’Algérie renoue avec les autres capitales de l’AES. Le 12 février 2026, le président Tebboune a donné des instructions pour le retour de l’ambassadeur algérien à Niamey, après le retour du diplomate nigérien à Alger. Trois jours plus tard, le général Abdourahamane Tiani, président de la transition du Niger entame une visite de 48 à Alger. Le Burkina Faso a également repris ses relations avec l’Algérie, en recevant une délégation algérienne conduite par le ministre des Hydrocarbures et des Mines.
Mais pour l’heure, le Mali reste en marge de ce mouvement de rapprochement. Les relations entre Bamako et Alger demeurent gelées, l’espace aérien entre les deux pays reste fermé et les accusations réciproques persistent. Dans ce paysage, chaque signal est scruté avec attention. Le démenti rapide de Bamako apparaît ainsi comme une volonté de dissiper toute ambiguïté et de préserver la lisibilité de sa posture diplomatique.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net
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