Le tribunal comme champ de bataille
Sur ces réseaux sociaux, l’avocat est revenu sur le procès ayant conduit à la condamnation des supporters sénégalais. Kabou affronte l’interdit d’accès à ses clients dès le début. « J’ai défendu plus de 200 dossiers de Sénégalais de l’extérieur, c’est la première fois qu’on m’empêche, dans un pays, de voir mes clients. » L’avocat sénégalais dénonce aussi les insultes racistes échangées au tribunal, un climat qu’il qualifie d’incompatible avec tout respect des droits de la défense.
« Les procès-verbaux changent sans explication. Un jour, ils contiennent une version, le lendemain une autre », raconte Patrick Kabou. « Les griefs du procureur disparaissent de l’acte d’accusation, mais réapparaissent lors des audiences sous des formes différentes. Dès que je gagne du terrain juridiquement, la cour abandonne cet axe pour en invoquer un nouveau. »
Puis survient le coup de théâtre : après trois minutes de plaidoirie en français, le président du tribunal interrompt. « Il m’a dit qu’il avait oublié et que je devais plaider en arabe. » Ni négociation, ni avertissement préalable. Une rupture de règles en plein débat.
Dix-huit condamnés, aucune certitude juridique
Le 19 février 2026, un tribunal marocain à Rabat a condamné 18 supporters sénégalais à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an pour des faits liés aux incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Ces supporters étaient en détention provisoire depuis leur arrestation le 18 janvier, jour de la finale opposant le Sénégal au Maroc.
La finale de la CAN 2025, le 18 janvier à Rabat, a opposé le Sénégal au Maroc et s’est terminée sur une victoire 1‑0 du Sénégal en prolongation. Le match a été marqué par de vives tensions, notamment un penalty contesté en faveur du Maroc et des scènes d’incidents dans les tribunes. La Fédération sénégalaise de football a exprimé sa consternation : « Cette décision incompréhensiblement sévère a provoqué une indignation généralisée », a déclaré Bacary Cissé, un responsable de la Fédération. De son côté, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a condamné « les scènes inacceptables sur le terrain et dans les tribunes », rappelant que la violence n’a pas sa place dans le football.
Kabou annonce immédiatement un appel. Les défaillances procédurales qu’il détaille constituent selon lui des vices insurmontables. Selon les sources, une grâce royale pourrait intervenir, mais elle relève du domaine politique plus que judiciaire. L’avocat confirme qu’il continuera de lutter pour faire sortir de prison ses clients.
????? Procès des 18 supporters sénégalais : une procédure entachée d’irrégularités, selon Me Patrick Kabou ‼️
Les déclarations de Me Patrick Kabou, avocat des supporters sénégalais emprisonnés au Maroc après la finale de la CAN, sont extrêmement graves. Face à la presse, il a… pic.twitter.com/8jmQpr2nTZ
— DIMÉ (@MakhtarDime) February 22, 2026
SOURCE: https://lanouvelletribune.info/
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