
Un an après avoir été réinvesti président du Ghana, John Mahama a adressé vendredi son « discours sur l’état de la nation » au parlement, mettant l’accent sur les progrès économiques du pays qui se relève tout juste d’une profonde crise.
Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao et premier producteur d’or d’Afrique, sort d’une des pires crises économiques qu’il ait connues depuis des décennies: flambée des prix, restructuration de la dette, plan de relance soutenu par le Fonds monétaire international… L’inflation avait culminé à plus de 54% en décembre 2022.
Redressement de l’économie
Déjà au pouvoir de 2009 à 2012, John Dramani Mahama s’est félicité vendredi du redressement de l’économie du pays d’Afrique de l’Ouest aux 35 millions d’habitants, mettant en avant le ralentissement de l’inflation, le raffermissement de la monnaie et la baisse de la dette.
« Le Ghana est de retour, le Ghana est ouvert aux affaires », a scandé le chef de l’État, entré en fonction en janvier 2025. Selon M. Mahama, la croissance a repris pour atteindre 6,1% en 2025, tandis que l’inflation a fortement ralenti pour s’établir à 3,8% en janvier.
Le produit intérieur brut (PIB) du Ghana en 2025 est estimé à 113 milliards de dollars (96 milliards d’euros), contre 83 milliards de dollars (70 milliards d’euros) en 2024, d’après le président.
Au Ghana, le candidat de l’opposition John Mahama remporte la présidentielle
Un excédent budgétaire
Il a ajouté que la monnaie ghanéenne, le cedi, s’était appréciée d’environ 40% par rapport au dollar au cours des derniers mois, allégeant ainsi la pression sur les coûts d’importation et les prix des carburants.
Les finances publiques se sont également assainies: le gouvernement affiche un excédent budgétaire primaire (les recettes de l’État dépassent ses dépenses, hors paiement des intérêts de la dette), et le ratio dette/PIB a baissé à 45,3%, contre près de 62% un an plus tôt, a-t-il déclaré.
Les réserves de change ont atteint 13,8 milliards de dollars (11,7 milliards d’euros), soit l’équivalent de près de six mois d’importations.
Restaurer la crédibilité du pays
Le président a indiqué que le Ghana avait remboursé 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) au titre du service de la dette et réglé une partie de ses obligations en euro-obligations avant la date prévue – des mesures qui, selon lui, visaient à restaurer la crédibilité du pays auprès des marchés internationaux.
Afin de soutenir la reprise, M. Mahama a annoncé de nouvelles dépenses pour faire tourner l’industrie 24 heures sur 24 – une de ses promesses de campagne – et ainsi doper les exportations, ainsi qu’un durcissement des règles en matière de marchés publics.
Il a aussi annoncé de nouveaux investissements dans le secteur de l’énergie, notamment des milliards de dollars pour les champs pétroliers et gaziers offshore. « Notre priorité est désormais la stabilité, l’emploi et la croissance », a-t-il assuré.
© Agence France-Presse

Crédito: Link de origem
