
Les représailles iraniennes après la mort de Khamenei frappent dimanche Israël et les États du Golfe. L’Iran déclenche une riposte tous azimuts après l’élimination de son guide suprême par des frappes américano-israéliennes samedi. Trois soldats américains tombent. Des navires brûlent dans le détroit d’Ormuz. Le monde chiite descend dans la rue. Le conflit entre dans une phase d’escalade incontrôlée.
Trois soldats américains tués : Washington entre dans le conflit au prix du sang
Le Centcom, commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, confirme dimanche les premières pertes américaines. Trois soldats sont tués. Cinq autres subissent des blessures graves.
L’annonce est lapidaire, sans précision sur les circonstances. Elle marque néanmoins un tournant. Pour la première fois depuis le début de l’opération contre l’Iran, des soldats américains paient de leur vie l’engagement de Washington.
Comment Khamenei a-t-il pu être tué ? Le New York Times apporte un début de réponse. Selon le quotidien américain, la CIA a appris qu’Ali Khamenei devait participer à une réunion de haut niveau samedi matin à Téhéran.
Cette information a permis de le cibler. L’opération s’est déroulée « en plein jour », « en une minute », selon l’armée israélienne. Elle revendique l’élimination de 40 hauts gradés et dignitaires iraniens lors de cette frappe initiale. Donald Trump, lui, affirme sur Fox News que 48 « leaders » iraniens ont été tués.
Outre Khamenei, les médias iraniens confirment la mort de plusieurs figures du régime. Le chef d’état-major des forces armées, Abdolrahim Moussavi, est tué. Le ministre de la Défense tombe également.
Le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Pakpour, le chef des renseignements de la police et un conseiller du guide suprême périssent dans les frappes. La tête du régime islamique est décapitée en quelques heures.
La transition s’organise en urgence. Le conseil chargé de la succession « a débuté son travail », selon le président iranien Massoud Pezeshkian. Un triumvirat prend les rênes : Pezeshkian lui-même, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et le dignitaire religieux Alireza Arafi. Le régime vacille. Il tient debout. Et il riposte.
Le détroit d’Ormuz en feu : la guerre atteint les routes maritimes mondiales
Le détroit d’Ormuz devient dimanche un nouveau théâtre de guerre.
Des projectiles d’origine inconnue touchent deux navires, selon des agences de sécurité maritime. Le premier, au large des côtes d’Oman, est atteint « au-dessus de la ligne de flottaison ».
L’incendie est « sous contrôle ». Le second, au large des Émirats, subit lui aussi un incendie désormais « maîtrisé ». L’Iran fait état pour sa part d’un pétrolier en train de couler dans le détroit.
Le Pentagone annonce que la marine américaine a coulé un navire de guerre iranien dans le golfe d’Oman. Washington dément en revanche que le porte-avions USS Abraham Lincoln ait été touché par « quatre missiles balistiques », comme l’affirment les Gardiens de la Révolution iraniens. La bataille des communiqués fait rage en parallèle des combats.
Les conséquences économiques sont immédiates. MSC, premier armateur mondial, ordonne à tous ses navires dans le Golfe de « se mettre à l’abri ». Maersk, numéro deux mondial, annonce la suspension de tout passage par le détroit.
Deux géants du transport maritime mondial tirent le signal d’alarme en même temps. Le commerce mondial retient son souffle. Plusieurs centaines de vols vers le Moyen-Orient sont annulés à travers le monde.
Le Royaume-Uni exhorte ses citoyens au Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats à « rester à l’abri ». La France se tient prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.
Du Golfe à Israël : les frappes iraniennes s’étendent sur toute la région
La riposte iranienne frappe large. Les Gardiens de la Révolution revendiquent à la mi-journée une nouvelle vague d’attaques « de grande envergure » contre « l’ennemi ». Un responsable iranien précise : les frappes ciblent les bases américaines, pas les pays voisins. Sur le terrain, la distinction reste théorique. Les dégâts, eux, sont bien concrets.
En Arabie saoudite, Ryad intercepte des missiles iraniens visant l’aéroport international et la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, selon une source du Golfe citée par l’AFP.
Aux Émirats arabes unis, le bilan s’alourdit depuis samedi. Les frappes tuent trois ressortissants étrangers — pakistanais, népalais et bangladais — et blessent 58 personnes. Un haut responsable émirati interpelle Téhéran : « Votre guerre n’est pas avec vos voisins.
» À Abou Dhabi, une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises. Au Koweït, un mort et des dizaines de blessés sont à déplorer depuis le début des frappes.
De l’Irak à Chypre : aucun pays de la région n’est épargné
En Irak, à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan, au moins deux drones sont interceptés. Les sirènes retentissent au consulat américain. Au Bahreïn, l’ambassade américaine autorise le départ de son personnel non essentiel.
Elle enjoint aux ressortissants américains d’éviter les hôtels de Manama. En Syrie, Israël intercepte un missile iranien au-dessus du territoire, selon une source au ministère syrien de l’Intérieur.
En Jordanie, les forces armées abattent 13 missiles balistiques depuis le début des hostilités. Même Chypre frôle le conflit : selon Londres, l’Iran tire deux missiles « en direction de Chypre », même s’il est peu probable qu’ils visaient l’île.
Israël encaisse des coups sévères. Un missile iranien frappe directement un bâtiment à Bet Shemesh, dans le centre du pays. L’immeuble s’effondre et tue neuf personnes, selon les secours.
Les secours évacuent 28 blessés, dont deux dans un état grave. Samedi soir, un missile tue déjà une femme dans la région de Tel-Aviv. À Tel-Aviv, les frappes blessent plus de 20 personnes. Les sirènes d’alerte aérienne retentissent dans plusieurs régions du pays dimanche matin.
Téhéran dans la rue : entre larmes de deuil et cris de joie
À Téhéran, deux visages de l’Iran se révèlent en même temps. Des milliers de personnes rendent hommage à Khamenei dans le centre de la capitale dimanche matin. Elles scandent « À mort l’Amérique ! », « À mort Israël ! », selon des journalistes de l’AFP sur place. À Chiraz, dans le sud du pays, des foules réclament vengeance. À Yazd, au centre, un rassemblement similaire a lieu.
Mais dans d’autres quartiers de Téhéran, des cris de joie résonnaient samedi soir, selon des témoins. La mort du guide suprême divise jusque dans les rues iraniennes. Le président Pezeshkian déclare que venger Khamenei est un « droit et un devoir légitime ».
Donald Trump répond sur Truth Social par une menace en majuscules, promettant une riposte « sans précédent » si l’Iran poursuit ses représailles.
La mobilisation dépasse les frontières iraniennes. Au Pakistan voisin, au moins neuf personnes meurent dimanche lors d’une manifestation pro-Iran devant le consulat américain.
En Irak, des centaines de manifestants tentent de prendre d’assaut la zone ultra-sécurisée hébergeant l’ambassade américaine à Bagdad. Dans le Cachemire indien, des milliers de musulmans chiites se rassemblent pour pleurer l’ayatollah. À Istanbul, plusieurs centaines de manifestants se mobilisent en soutien à l’Iran près du consulat israélien.
Simultanément, à l’autre bout de la ville, des opposants au régime iranien célèbrent l’intervention américano-israélienne. À Paris enfin, plusieurs centaines de personnes défilent dimanche en soutien à l’Iran.
Le monde se fracture en temps réel. D’un côté, ceux qui pleurent un martyr. De l’autre, ceux qui célèbrent une libération. Entre les deux, une région en feu et un conflit dont personne ne maîtrise plus l’issue.
Avec l’AFP, Paris, 1er mars 2026

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