La scène politique guinéenne vient de connaître un tournant majeur. Le gouvernement dirigé par le président Mamady Doumbouya a annoncé la dissolution de 40 partis politiques, dont plusieurs grandes formations d’opposition. La décision, prise par décret tard dans la nuit, retire immédiatement leur statut légal et leur interdit toute activité politique. Officiellement, les autorités évoquent un « manquement à leurs obligations ». Mais cette mesure suscite déjà de fortes critiques et relance les inquiétudes sur l’avenir démocratique du pays.
Une décision qui frappe l’opposition
Parmi les partis politiques dissous figurent plusieurs organisations majeures de l’opposition, notamment l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) et l’Union des Forces Républicaines (UFR). Avec cette décision, ces formations perdent immédiatement leur reconnaissance légale.
Le décret interdit désormais toute activité politique en leur nom, y compris l’utilisation de leurs logos, symboles et structures organisationnelles. Les biens appartenant à ces partis ont également été placés sous contrôle de l’État.
Selon les autorités, cette mesure vise à sanctionner des partis accusés de ne pas avoir respecté certaines obligations administratives et légales.
Des inquiétudes sur l’avenir démocratique
La décision a immédiatement provoqué une vague de réactions dans le pays. Plusieurs figures de l’opposition et organisations de la société civile dénoncent une nouvelle étape dans le durcissement politique observé depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamady Doumbouya.
Arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en 2021, le dirigeant militaire a prêté serment comme président en janvier dernier après une élection controversée. Certains opposants affirment que la dissolution de 40 partis politiques pourrait ouvrir la voie à un système politique fortement verrouillé.
Dans d’autres pays africains, le paysage politique reste pourtant très pluraliste. Par exemple, plus de 500 partis politiques existent au Cameroun, illustrant une approche très différente du pluralisme politique sur le continent.
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