Le représentant spécial de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel et chef de la Mission de l’UA pour le Mali et le Sahel (MISAHEL), Mamadou Tangara, a effectué vendredi une visite à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Abuja, dans un contexte de recomposition des relations entre l’organisation régionale et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES).
Reçu au siège de la Commission à Asokoro par son président, Omar Alieu Touray, le diplomate gambien a évoqué le renforcement de la coordination entre l’Union africaine et la Cédéao face aux défis sécuritaires et politiques dans le Sahel. Les discussions ont notamment porté sur la consolidation de la coopération institutionnelle en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de développement régional.
La rencontre s’inscrit dans les efforts diplomatiques engagés par l’Union africaine pour maintenir un dialogue entre les organisations régionales et les États sahéliens, alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la Cédéao en janvier 2025 pour former la Confédération des États du Sahel.
Malgré ce retrait politique, les trois pays ont récemment réaffirmé leur volonté de poursuivre des discussions « de bonne foi » avec la Cédéao, tout en conservant leur participation à certaines structures techniques de l’organisation. La 68e Conférence des chefs d’État de la Cédéao a ainsi admis les trois pays comme membres non régionaux du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), en raison de leur engagement dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Dans la même logique de continuité fonctionnelle, leur participation à la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (BIDC) a également été maintenue avec un statut de « pays non régionaux », afin d’assurer la poursuite des projets de développement et des opérations financières.
La visite de Mamadou Tangara à Abuja intervient quelques semaines après une mission de prise de contact au Mali. Fin janvier, le chef de la MISAHEL avait été reçu à Bamako par le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, afin de définir les priorités de sa mission et d’évoquer l’évolution de la Confédération des États du Sahel.
Lors de cette audience au palais de Koulouba, en présence du ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, les discussions avaient également porté sur les initiatives diplomatiques de l’Union africaine pour maintenir les canaux de dialogue avec les États sahéliens, suspendus des instances décisionnelles de l’organisation après les changements politiques survenus entre 2020 et 2021.
Dans ce contexte marqué par des tensions ponctuelles, notamment après l’incident impliquant un avion militaire nigérian retenu temporairement au Burkina Faso en décembre, la coordination entre institutions africaines apparaît comme un levier central pour préserver les mécanismes de coopération régionale.
La visite de Mamadou Tangara à la Commission de la Cédéao illustre ainsi la volonté de l’Union africaine de maintenir un cadre de concertation entre les acteurs régionaux, alors que les impératifs sécuritaires et économiques continuent d’imposer une coopération transfrontalière dans l’espace ouest-africain.
AC/Sf/APA
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