142 détenus de la crise post-électorale d’octobre 2025 ont comparu ce 9 mars 2026 devant le tribunal militaire de Douala-Bonanjo — mais aucun n’était présent. L’administration pénitentiaire n’a pas extrait les détenus de la prison de Ngoma. Une audience fantôme qui scandalise leurs avocats. Jusqu’où ira ce blocage judiciaire contre les manifestants de la présidentielle du 12 octobre 2025 ?
Douala : une audience sabotée, plus de 2 500 arrestations au bilan national
Selon Me Thierry Njifen, avocat coordinateur du Collectif de la Défense Citoyenne — qui regroupe 149 avocats sur le territoire national — l’absence des détenus est « une tactique bien connue de l’accusation qui consiste à retarder les audiences, allonger les délais de procédure et maintenir inutilement les gens en prison ».
Des détenus toujours enfermés malgré tout
Me Augustin Nguefack, avocat pro bono, dénonce une sélection injuste : « Ceux qui avaient de l’argent sont tous libres. Ceux qui sont encore détenus sont ceux qui n’ont rien donné ». Les charges retenues — propagation de fausses nouvelles, rébellion en groupes, défaut de carte nationale d’identité — visent des manifestants arrêtés après la victoire proclamée de Paul Biya.
À l’échelle nationale, Edith Kah Walla du Collectif Stand Up 4 Cameroon estime à plus de 2 500 le nombre d’arrestations, dont 1 800 à Douala seule. Environ 1 000 personnes resteraient encore détenues entre Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua, Maroua et Bertoua.
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