Si l’Iran mine massivement le détroit d’Ormuz, les États-Unis n’auront aucun moyen de le sécuriser sans aide
Donald Trump a réclamé à ses alliés de l’OTAN l’envoi de navires de guerre dans le détroit d’Ormuz, menacé de fermeture par Téhéran, avant de se rétracter et de certifier que les États-Unis n’ont besoin de l’aide de personne.
Trump n’a besoin de personne
“Heureusement, nous avons anéanti l’armée iranienne : sa marine, son armée de l’air, sa défense antiaérienne et ses radars ont disparu”, a énuméré le président américain sur son réseau Truth Social. “[…] Grâce à ce succès militaire, nous n’avons plus besoin de l’aide des pays de l’OTAN, et nous ne la souhaitons pas […] NOUS N’AVONS BESOIN DE L’AIDE DE PERSONNE.”
Il est vrai que les forces iraniennes ont souffert des frappes américaines, y compris dans leur capacité de nuisance dans le détroit d’Ormuz. Au moins 16 navires iraniens ont été touchés durant la vague de frappes initiale des Israélo-Américains, et selon le colonel à la retraite Roger Housen, ce nombre serait dorénavant plus proche des 50 embarcations susceptibles de poser des mines. Mais c’est à la fois beaucoup et pas grand-chose, tant il est facile de placer ces engins explosifs pour rendre périlleux le trafic maritime. D’autant que la chasse aux mines est peut-être le plus grand point faible de l’US Navy.
Le déminage, parent pauvre de l’US Navy
Depuis la fin de la guerre froide, le Pentagone a progressivement démantelé sa capacité à déminer les mers, alors que le spectre d’un conflit global et d’un usage massif de ces engins explosifs – comme lors des deux grands conflits mondiaux – semblait s’éloigner durablement. L’US Navy a démantelé MineWarCom en 2006, le commandement spécialisé dans la guerre des mines qui coordonnait cette tâche et les moyens de la flotte à l’échelle de ses différents théâtres d’opération.
Depuis, les navires chasseurs de mines ont été progressivement retirés du service actif, souligne Emma Salisbury, chercheuse associée au Royal Navy Strategic Studies Centre, dans un article publié sur le site du Foreign Policy Research Institute.
“Les quatre derniers navires de lutte contre les mines de classe Avenger déployés au Moyen-Orient […] ont été désarmés à Bahreïn en septembre 2025 et, ironie du sort, sont arrivés à Philadelphie pour être démantelés la veille de la révélation des opérations de minage iraniennes dans le détroit d’Ormuz”, souligne la chercheuse. Les capacités antimines de la Ve Flotte américaine, chargée des forces navales au Moyen-Orient, se limitent à trois navires de combat amphibie (LCS) de classe Independence. Deux d’entre eux se trouvent à Manille, et ils sont en outre réputés très peu efficaces dans ce rôle de nettoyage des eaux.
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