Gianni Infantino ne peut pas s’arracher les cheveux. Et pourtant, le président de la FIFA a bien des soucis en ce moment, lui dont les oreilles ne cessent de siffler. La semaine dernière, il a été taclé à la gorge par Michel Platini, dont il était le conseiller quand il présidait l’UEFA. « J’ai dit au Guardian qu’il faisait un bon n°2 mais pas un bon n°1. Je pense que c’est un bon administratif, mais il n’est pas charismatique. D’ailleurs, quand il s’est présenté à la Fifa, je ne pensais pas forcément à lui. C’est un passionné et un gros bosseur. Mais être président, c’est autre chose. Il est très fan de ceux qui sont riches et avec du pouvoir.» Donald Trump, avec lequel on l’a vu proche il y a quelques mois lors du tirage au sort de la Coupe du Monde 2026, en fait partie.
Les présidents de la FRMF et de la CAF sur le banc des accusés
Infantino échange d’ailleurs avec lui concernant la participation ou non de l’Iran au Mondial. Un dossier que le boss de la FIFA doit gérer au plus vite, lui qui doit garantir l’équité sportive mais aussi la sécurité de la sélection iranienne, qui souhaite jouer ses matches au Mexique. Depuis hier soir, celui qui possède les nationalités suisse, italienne et libanaise a d’autres chats à fouetter. En effet, la Confédération Africaine de Football, réunie au Caire (Egypte) a officiellement annoncé le retrait du titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal et le sacre sur tapis vert du Maroc (3-0). Une décision qui fait grand bruit. Des magouilles sont évoquées et des personnalités sont clairement pointées du doigt.
Il y a tout d’abord Fouzi Lekjaa. Président de la Fédération royale marocaine de football, il est accusé d’avoir «subtilisé un titre africain dans les arcanes de la CAF» selon Africa Foot et d’autres médias africains. Certains ont aussi tenu à rappeler qu’il occupe également le poste de vice-président de la CAF. Autre personnalité dans l’œil du cyclone : Patrice Mostepe. SeneNews évoque «le rôle déterminant du président de la CAF» ainsi que le fait que «son intervention, à la fois stratégique et politique, a marqué l’issue de cette affaire». La CAF, qui s’est ridiculisée selon les médias du monde entier, perd encore plus en crédibilité. L’Egyptien Mido a fracassé l’instance dirigeante et son président.
Le rôle de l’ombre de Gianni Infantino
«Bravo à Motsepe Vous nous avez tous fait passer pour ce que certains Occidentaux veulent que nous soyons ! Nous ressemblons maintenant au continent d’idiots, de corrompus. L’Afrique mérite mieux ! Il faut une révolution dans le football africain ! Tous ces gens doivent partir, et aujourd’hui, pas demain ! Je ne suis pas contre le Maroc. J’aime le Maroc et les Marocains, et j’ai beaucoup d’amis marocains que j’aime et respecte profondément, mais enfin, les gars, ça suffit ! Vous avez perdu sur le terrain. Le Sénégal était la meilleure équipe en finale. Ils méritent d’être champions d’Afrique, c’est clair et simple, et vous le savez tous ! Je voulais vraiment féliciter mes amis marocains, mais je ne peux pas vous féliciter pour quelque chose que vous avez gagné au bureau et non sur le terrain !» Un troisième homme est au centre des débats et des critiques. Il s’agit de Gianni Infantino.
En janvier dernier, son attitude lors de la finale du tournoi avait déjà fait beaucoup parler. Sa proximité avec les dirigeants marocains en tribunes et sa mine déconfite après le but sénégalais ont fait jaser. Après la finale, il s’était aussi attaqué au Sénégal. « Nous condamnons fermement le comportement (…) de quelques joueurs sénégalais et des membres du staff technique. Il est inacceptable de quitter le terrain de cette manière (…) Il est inadmissible de quitter le terrain de cette manière, et la violence ne saurait être tolérée dans notre sport; elle est tout simplement inacceptable. Nous devons toujours respecter les décisions prises par les arbitres, sur et en dehors du terrain. Les équipes doivent jouer dans le respect des Lois du Jeu, car tout autre comportement met en péril l’essence même du football. Les scènes déplorables dont nous avons été témoins aujourd’hui doivent être condamnées et ne jamais se reproduire.»
Le boss de la FIFA est “démasqué”
Puis, il avait appelé «les instances disciplinaires compétentes de la CAF» à prendre «les mesures appropriées». L’instance dirigeante du football africain a visiblement écouté ses recommandations. Mais certains estiment qu’Infantino est derrière toute cette mascarade. C’est le cas de SeneNews, qui a écrit : «Gianni Infantino démasqué, voici ce qu’il a fait avec la CAF. La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, remportée sur le terrain par le Sénégal face au Maroc (1-0), s’est transformée en une affaire judiciaire et diplomatique majeure dans le football africain, avec l’intervention directe de Gianni Infantino, président de la FIFA. Quelques heures après les incidents qui ont marqué cette rencontre, Infantino a pris publiquement position, pesant de tout son poids sur le processus disciplinaire et influençant le verdict final de la Confédération Africaine de Football (CAF).»
Ancien sélectionneur des Lions de la Téranga, Claude Le Roy a également dézingué Infantino dans L’Equipe du Soir. «Je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF pourrait aller aussi loin dans le grand-guignolesque. Quand on voit comment la CAF est dirigée par M. Motsepe, qui est le vassal de Gianni Infantino et qui voulait depuis le début absolument donner cette Coupe au Maroc… Le Maroc a fait une super CAN et méritait sur la compétition de gagner mais en finale, c’est le Sénégal qui a été meilleur. Personne ne pouvait imaginer entendre une telle déclaration deux mois après. Ça fait des années que toutes les décisions arbitrales sont bafouées par la CAF. J’ai souvent parlé d’Infantino qui se considère comme le Trump du football africain, qui pense qu’il a tous les droits, qu’il dirige les phases finales.»
C’est le procès du dirigeant
Le Français, qui estime que le président de la FIFA n’est pas innocent dans toute cette affaire, a ajouté : «en Afrique, il se permet tout. Derrière tout ça, il y a plein de magouilles, plein de tambouilles. Je pense que tout ça n’est pas terminé, que le Sénégal rentrera dans ses droits à la fin de cette histoire. Mais c’est pitoyable pour l’image que donne encore la CAF. Il va y avoir une commission d’appel et après selon la décision, le TAS interviendra. Mais je crois que cette décision, hélas pour ce continent que j’aime tant, va faire rire toute la planète football (…) Il y a 54 Fédérations en Afrique et Infantino joue sur la cupidité de la plupart de ces présidents africains pour s’arroger des voix pour sa réélection à chaque fois.» Dans les colonnes de Dakar Info, le journaliste de la RFM, Laye Diaw a aussi taclé tout ce petit monde et le Maroc.
Selon lui, la CAF n’est pas bien gérée et elle est «orpheline de bons dirigeants» depuis le mandat d’Issa Ayatou. Il a aussi invité le président actuel, Patrice Motsepe, à démissionner. Laye Diaw a aussi ajouté que l’instance dirigeante est «tenue à la gorge» par la fédération marocaine et que le roi Mohamed VI n’a pas assez apaisé les tensions. Enfin, il a conclu en insistant sur la nécessité pour le Sénégal de livrer « une nouvelle bataille» contre Patrice Motsepe pour que justice soit faite. Après cette décision, Infantino, Motsepe et d’autres dirigeants se font attaquer de tous les côtés. Et ce n’est que le début…
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