Dans cette localité frontalière du Mali, le chef de l’État a tenu un discours d’apaisement dans un contexte de tension entre les deux pays.
« Le Mali est actuellement en guerre, il faut le reconnaître », a déclaré le président El Ghazouani lors d’une rencontre avec les notabilités locales. Et d’ajouter : « On ne peut attendre d’un voisin en situation de guerre les mêmes traitements qu’il nous réservait en temps de paix. » Un message destiné à calmer les mécontentements croissants au sein des populations, notamment chez les éleveurs.
Depuis la fermeture de la frontière avec le Mali, les associations agropastorales mauritaniennes expriment leur inquiétude. Selon Alioune Kane, membre du Groupement mauritanien des associations agropastorales, la Mauritanie compte près de 30 millions de têtes de bétail, constituant le cheptel national. Malheureusement, plus de 70 % de ce bétail s’alimente traditionnellement dans les pâturages maliens, aujourd’hui inaccessibles.
« Les répercussions de la fermeture des frontières sont perceptibles ici, chez nous », a reconnu le président à Bassikounou, avant d’ajouter : «Le Mali reste un peuple frère, et ce n’est pas parce que nos frères sont en guerre qu’il faut oublier ce qui nous a toujours liés. »
Le chef de l’État mauritanien a réaffirmé la nécessité de maintenir des relations fraternelles : « Le Mali restera un pays frère. Nous devons les aider autant que possible et comprendre que leurs décisions sont souvent dictées par la situation qu’ils traversent. » Et de conclure : « Le voisinage est une réalité géographique qu’on ne peut pas changer ; les crises passent et disparaissent. Aucun citoyen mauritanien n’a été inquiété ni maltraité avant cette crise, que nous espérons passagère. »
Une tension persistante
Les relations entre le Mali et la Mauritanie n’ont pas toujours été apaisées. Les autorités maliennes accusent leur voisin d’abriter, le long de la frontière commune de près de 2 000 km, des groupes armés terroristes qui s’y replient après leurs attaques pour y recevoir soins et appui logistique. « En contrepartie, la Mauritanie n’est jamais attaquée », avancent certains responsables à Bamako.
La tension est montée d’un cran il y a quelques mois, après le refoulement massif de migrants maliens par la Mauritanie. À Bamako, plusieurs commerçants mauritaniens sans papiers ont vu leurs boutiques fermées, ce qui a conduit au déplacement, le 8 octobre 2025, du ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la Coopération africaine, venu tenter d’apaiser la situation.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net
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