Coup de tonnerre institutionnel : selon des sources parlementaires, aucun remaniement gouvernemental ne pourra intervenir avant avril 2026, malgré les spéculations alimentées depuis la prestation de serment du Président de la République. Une réalité méconnue, mais ancrée dans les rouages de la République. « Ce n’est pas du jeu, il faut comprendre comment l’État fonctionne », explique un ancien haut fonctionnaire. La Session budgétaire en cours bloque tout changement ministériel, car seuls les responsables ayant géré le budget 2025 peuvent défendre la loi de règlement devant le Parlement. Le pays doit-il alors s’attendre à une longue continuité avant les réformes annoncées ?
Pourquoi le remaniement ne peut pas avoir lieu avant avril 2026
Le chef de l’État a prêté serment en pleine Session budgétaire de novembre, une période juridiquement verrouillée.
Impossible, dans tout régime parlementaire sérieux, de remanier un gouvernement avant l’adoption du budget de l’année suivante.
La logique est simple :
- Le budget 2026 doit être voté en novembre 2025, conformément à la lettre circulaire du Président envoyée aux membres du gouvernement plusieurs mois plus tôt.
- Avant cela, les députés doivent adopter la loi de règlement 2025, document qui justifie l’usage du budget précédent.
Or, cette loi ne peut être défendue que par les responsables qui ont exécuté le budget 2025, pas par de nouveaux ministres qui n’en connaissent ni les engagements, ni les dépenses.
C’est la raison pour laquelle nommer un nouveau gouvernement en novembre ou décembre conduirait à un blocage administratif, une aberration institutionnelle dont le Cameroun ne peut se permettre le luxe en pleine crise post-électorale.
Un remaniement après prestation de serment : le précédent historique
L’histoire récente confirme cette lecture.
Chaque fois que le Président a remanié le gouvernement après une prestation de serment, cela s’est fait en décembre ou en janvier, une fois le budget voté.
Mais en 2025, la situation politique est atypique : contestations, détentions, pressions internationales… le contexte impose de la prudence.
« Nommer un gouvernement avant le vote du budget n’a aucun sens », rappelle un constitutionnaliste basé à Yaoundé.
Ainsi, tout mouvement ministériel avant la fin du premier trimestre 2026 apparaît impossible.
Vers une prorogation du mandat des députés ?
Un autre paramètre pourrait bouleverser le calendrier : le mandat des députés expire le 30 mars 2026.
Or, avec les réformes institutionnelles annoncées, les élections régionales du 30 novembre 2025 et les secousses post-électorales, une organisation simultanée des scrutins paraît irréaliste.
L’article 15 de la Constitution autorise une prorogation du mandat parlementaire en cas de circonstances exceptionnelles.
Les experts n’excluent donc pas un prolongement technique afin d’éviter une crise institutionnelle supplémentaire.
« Pour faire les choses proprement, il faudra sans doute proroger le mandat des députés », estime un analyste politique du Centre.
Une telle décision permettrait d’aligner le calendrier républicain sur les priorités du moment : stabilisation nationale, gestion budgétaire, réforme électorale.
Entre contraintes budgétaires, tensions politiques et réalités constitutionnelles, le Cameroun n’assistera pas à un remaniement avant avril 2026. Les prochains mois seront donc décisifs pour mesurer la capacité du pays à stabiliser ses institutions.
Le pouvoir assumera-t-il ce calendrier contraint ou choisira-t-il un passage en force ?
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