Plus de 70 % des Camerounais affirment ne plus faire confiance à la FECAFOOT, selon un sondage cité récemment par plusieurs médias locaux. C’est dans ce climat électrique que Joseph-Antoine Bell FECAFOOT est revenu sur Balafon TV pour un entretien explosif, remettant en cause la gestion de Samuel Eto’o et les pratiques enracinées dans le football camerounais. Avec son franc-parler habituel, l’ancien gardien des Lions Indomptables a dénoncé un système qui, selon lui, « préfère la magouille à la compétence ». Cette sortie directe, parfois tranchante, pose une question lourde : le football camerounais veut-il vraiment changer ?
« Le foot n’a pas voulu de Bell » : une confession sans filtre
Pour Joseph-Antoine Bell, il ne s’agit pas d’un échec personnel mais d’un choix du milieu.
« Ce n’est pas que Bell n’a pas réussi. Il faut dire précisément les choses : le foot n’a pas voulu de Bell », affirme-t-il.
L’ancien international explique que les électeurs internes – dirigeants de clubs, délégués, responsables de ligues – ne votent pas pour réformer, mais pour préserver un système qui les arrange.
Il résume la situation avec un soupir : « Ceux qui votaient ont pensé le contraire de ce que pensait tout le monde. Vous avez beau le leur dire, mais ils préfèrent autre chose. »
Joseph-Antoine Bell FECAFOOT : une légende face à un système verrouillé
Bell rappelle que jouer au haut niveau n’est pas une compétence de gestion.
Selon lui, Samuel Eto’o ne peut pas s’appuyer uniquement sur sa carrière pour diriger une institution aussi lourde que la FECAFOOT.
Il ajoute :
« Tous les élèves qui sortent du lycée ne peuvent pas en devenir les proviseurs le lendemain. »
Une façon subtile de dire que la célébrité n’est pas un diplôme en management sportif.
Le tabou du tripatouillage des âges : un vieux mal
Joseph-Antoine Bell évoque également un sujet que beaucoup préfèrent éviter : les fraudes sur les âges des joueurs.
Selon lui, cette dérive ne peut être combattue que si le dirigeant en place en fait une priorité réelle.
« Il faut que celui qui gère puisse dire clairement sa solution », insiste-t-il.
Il souligne même que certains acteurs ayant bénéficié du système ont du mal à le combattre aujourd’hui, par gêne ou par solidarité silencieuse.
FECAFOOT : un système qui entretient la “magouille” ?
Bell ne tourne pas autour du pot :
« Nos clubs attendent quelqu’un qui prolonge la magouille à laquelle eux-mêmes aspirent. »
Selon lui, ce problème est structurel et ancien.
« La magouille ne date pas d’hier. Il ne faut pas faire comme si ça venait de commencer. »
Ce constat relance encore une fois un débat sensible : peut-on réellement réformer un système où les acteurs profitent de ses failles ?
Un appel à la réforme profonde
Au-delà de Samuel Eto’o, du FSNC ou des querelles politiques, Bell pointe un malaise plus profond :
le refus du milieu footballistique d’embrasser la transparence et la modernité.
Selon lui, le Cameroun possède le talent, les supporters, les infrastructures et l’histoire… mais il manque la volonté collective de rompre avec l’improvisation permanente.
C’est ce message direct, presque brutal par moments, qui fait de sa sortie un électrochoc.
La sortie de Joseph-Antoine Bell résonne comme un rappel : l’avenir du football camerounais dépend moins des stars que du sérieux de ses dirigeants.
Son franc-parler dérange, mais ouvre un débat essentiel : le Cameroun est-il prêt à choisir la compétence plutôt que le confort des vieilles pratiques ?
Qu’en pensez-vous ? La FECAFOOT doit-elle se réinventer en profondeur ?
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