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Crise du carburant : Des maisons transformées en dépôts

Face aux pénuries répétées et à la flambée des prix, de nombreux ménages et travailleurs choisissent de stocker de l’essence dans leurs chambres à coucher ou leurs bureaux. Une pratique risquée qui transforme les foyers en véritables poudrières.

 Dans les stations-service de Bamako comme dans les grandes villes du pays, les files d’attente interminables sont devenues monnaie courante. Craignant de ne pas trouver de carburant au moment opportun, certains Maliens achètent plusieurs litres qu’ils conservent chez eux. Ce réflexe traduit l’angoisse d’un quotidien paralysé par la rareté du carburant, indispensable pour les motos, les générateurs électriques et les activités professionnelles.

Mais cette solution improvisée a des conséquences dramatiques. Les autorités et les services de secours constatent une recrudescence d’incendies domestiques et de bureaux réduits en cendres. Une simple étincelle, une cigarette mal éteinte ou une défaillance électrique suffit à provoquer des explosions dévastatrices. Les pertes matérielles sont lourdes et, dans certains cas, des vies humaines sont en danger.

Au-delà de la crise énergétique, c’est désormais une question de sécurité nationale. Les pompiers et les associations de protection civile alertent sur les dangers de cette pratique. Le stockage d’essence dans des lieux clos, sans ventilation ni précaution, expose les habitants à des risques majeurs. Les quartiers populaires, où les maisons sont souvent construites de manière précaire, sont particulièrement vulnérables.

Pour beaucoup de Maliens, conserver du carburant chez soi est perçu comme une nécessité, un moyen de continuer à travailler ou de se déplacer malgré la pénurie. Mais cette stratégie de survie se transforme en imprudence collective. Elle révèle aussi l’urgence pour les autorités de trouver des solutions durables à la crise énergétique, afin d’éviter que les foyers ne deviennent des foyers d’incendie.

La multiplication des incendies pourrait être un électrochoc. Les campagnes de sensibilisation et les appels à la prudence se multiplient, mais peinent à changer les comportements tant que la crise perdure. Pour l’heure, les Maliens vivent avec le paradoxe d’un carburant devenu rare et précieux, mais qui, conservé dans les maisons, menace de réduire en cendres ce qu’ils cherchent à protéger.

Ousmane Mahamane

 

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