La sortie de Louis-Marie Kakdeu fait déjà trembler les réseaux : plus de 12 000 partages en quelques heures, preuve que le débat identitaire reste l’un des sujets les plus inflammables au Cameroun. Dans un message frontal publié ce dimanche, l’universitaire et homme politique dit “NON à la logique alimentaire et identitaire”, dénonçant les extrémismes qui prospèrent depuis la présidentielle 2025. “On veut me faire croire que mon ennemi, c’est celui qui souffre comme moi”, lance-t-il, visiblement outré.
Sa prise de parole marque-t-elle un tournant dans le débat politique national ?
Un appel à rompre avec la logique identitaire
Louis-Marie Kakdeu, originaire de Banka, commence par un rappel simple mais puissant : nul ne choisit son lieu de naissance. Pour lui, l’instrumentalisation identitaire qui oppose artificiellement les communautés camerounaises n’a qu’un but : détourner les citoyens de leurs vrais problèmes.
Il rappelle avoir parcouru le pays, de Lolodorf à Koza, en passant par Doukoula et Campo, pour constater la même misère et les mêmes attentes.
« L’opinion veut me faire croire que mon ennemi, c’est EUX. Or ces populations souffrent autant que moi. »
Une phrase qui fait déjà couler beaucoup d’encre.
Kakdeu se positionne clairement : pas question de rejoindre les extrémistes ou ceux qui, selon lui, “ont des comptes personnels à régler avec Paul Biya”. Il revendique une opposition “constructive”, fondée sur les solutions, pas sur la haine.
Une attaque frontale contre les extrémismes post-électoraux
Cameroun – débat identitaire et extrémisme
Revenant longuement sur la période post-électorale, Kakdeu affirme que certains acteurs politiques ont entretenu une “arnaque politique”, expliquant au peuple qu’il existerait des “bons diables” capables de sauver le pays. Pour lui, cela relève du pur populisme.
Il va plus loin, dénonçant ce qu’il appelle la contradiction permanente des radicaux :
– rejeter un régime de 43 ans mais soutenir des acteurs qui y ont passé 30 ans ;
– réclamer la jeunesse mais porter au-devant des figures de plus de 80 ans ;
– dénoncer le chômage mais voter pour ceux qui ont échoué à y remédier.
« On ne peut pas reproduire ce qu’on reproche au régime en place. »
Pour une partie de l’opinion sur 237online.com, ses propos sonnent comme un rappel brutal : la politique ne peut se résumer à un règlement de comptes.
Un plaidoyer pour la recherche de solutions
Kakdeu affirme que sa priorité reste la quête de solutions pour :
– la lutte contre la vie chère,
– la corruption,
– le chômage massif,
– la crise de confiance entre citoyens et institutions.
Il rappelle avoir soutenu un candidat en 2025 “pour les solutions proposées, validées par les experts”, pas pour tomber dans une logique de confrontation stérile.
Il critique fermement ceux qui, selon lui, manipulent les jeunes pour les pousser à la rue.
« Je ne suis pas entré en politique pour utiliser les jeunes comme chair à canon. »
Un avertissement aux églises, syndicats et société civile
L’une des parties les plus commentées de son texte concerne l’Église catholique et certaines figures religieuses ayant appelé à voter pour “le diable”.
Il dénonce également la société civile “qui fait le business de l’humanitaire” et choisit, selon lui, ses positions par stratégie et non par conviction.
Kakdeu dit avoir été choqué par :
– l’attitude de certains syndicats,
– le soutien de certaines organisations de défense des droits humains à des acteurs qu’elles critiquaient depuis 30 ans,
– le silence de l’Église sur sa propre doctrine sociale.
Pour lui, cela prouve que la politique camerounaise reste piégée dans une logique de clans, pas d’idées.
La sortie de Louis-Marie Kakdeu, au ton tranchant mais argumenté, ouvre à nouveau un débat sensible :
l’identité peut-elle continuer d’être le moteur de la politique camerounaise ?
En repositionnant la discussion sur les solutions plutôt que les étiquettes, il met la balle au centre et oblige chaque camp à se regarder dans le miroir.
Reste une question : le pays est-il prêt à dépasser enfin cette logique émotionnelle pour aborder le fond ?
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