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À l’heure du Mali : L’ordre international, en toute disruption

Or, voilà que 2026 démarre en trombe, entre retournements de situation, décisions équivoques et attaques sans « sommation », le tout au dessus des institutions censées garantir la paix mondiale. D’où cette question lancinante : où va le monde ? Une interrogation que se posent presque tous les États, à l’exception des États Unis, si l’on en croit leur président, fidèle à la ligne qu’il suit depuis son retour à la Maison Blanche.

En janvier, son intervention au Venezuela a stupéfié le monde entier. Même ses alliés européens ont fini par se rétracter après avoir initialement approuvé l’acte. Puis est venue la menace de s’emparer du Groenland, jusque dans la sphère « alliée » européenne. Pour le président américain, le Groenland n’est qu’un « morceau de glace pour protéger le monde », que ses alliés « refusent de donner ».

Toujours ce mois de janvier, il a mis sur la table son projet de « Conseil de paix ». Au Forum économique de Davos, il a transformé ce rendez vous, habituellement consacré à la glorification de l’ordre économique mondial dans sa dimension occidentale, en un terrain de confrontation entre alliés naturels. L’espace est devenu le théâtre d’une contradiction profonde sur la vision de l’ordre international. Le discours le plus marquant fut celui du Premier ministre canadien.

Mark Carney, parlant en leader d’une puissance moyenne, n’a pas été épargné par les critiques du président américain. Son allocution, destinée au monde entier, a glacé l’auditoire :
« Je parlerai aujourd’hui de la rupture de l’ordre mondial, de la fin d’une fiction agréable et du début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte. »

Il appelle à « bâtir quelque chose de meilleur, de plus fort et de plus juste… Les puissants ont leur pouvoir. Mais nous avons aussi quelque chose : la capacité de cesser de faire semblant, d’appeler la réalité par son nom, de renforcer notre position chez nous et d’agir ensemble ».

Face à ces bouleversements, le dirigeant nord américain rejoint la vision de nombreuses puissances, grandes, moyennes ou petites. Il souligne que « les institutions multilatérales sur lesquelles s’appuyaient les puissances moyennes, entre autres l’OMC, les Nations Unies et la COP, qui constituent l’architecture de la résolution collective des enjeux, sont considérablement affaiblies ».

L’ordre international, conçu depuis 1945 autour de l’ONU comme architecture de paix, semble s’effriter à grande vitesse. ONU, Conseil de sécurité, Secrétaire général : autant de notions et d’entités vidées de leur substance.

À la suite du Premier ministre canadien, le président français a lui aussi dressé un constat sévère : « Nous entrons dans une période d’instabilité, de déséquilibres, tant du point de vue de la sécurité et de la défense que du point de vue économique… un monde sans règles, où le droit international est bafoué, et où la seule loi qui semble compter est celle du plus fort. »

Ce discours rejoint celui de nombreux États africains et du Sud, qui n’ont jamais été délestés du fardeau de la colonisation. Les États de la Confédération du Sahel, désormais décidés à prendre leur destin en main, ont réagi à l’intervention américaine au Venezuela. Leur président, le Capitaine Ibrahim Traoré, a rappelé la nécessité de respecter le droit international et les mécanismes de garantie de la paix mondiale.

Si ces mécanismes doivent évoluer ou être remplacés, cela doit se faire de commun accord avec l’ensemble des États. Depuis 1945, le monde a su éviter une troisième guerre mondiale. Les BRICS et la Confédération des États du Sahel ne cessent d’alerter sur la nécessité d’éviter les escalades interétatiques, interhémisphériques ou idéologiques qui pourraient mettre en péril la paix mondiale.

Le « Board of Peace » proposé par le président américain ne peut être qu’un conseil convenu entre tous les bords. En déjouant les paradigmes qui dictent les équilibres de l’ordre international, il agit dans un élan de disruption dont lui seul a le secret.

Pourtant, les États du monde disposent de dirigeants et de citoyens éclairés, bénéficiant des avancées des sciences et des technologies. Le monde a tous les moyens de vivre en paix, et la Terre de demeurer un espace où règne cette denrée précieuse pour l’humanité : la paix.

Alassane SOULEYMANE

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