Devant un amphithéâtre acquis à sa cause, le journaliste-présentateur est revenu sans détour sur un parcours qu’il qualifie lui-même de « tumultueux ». Originaire du nord du Mali, il a évoqué ses allers-retours entre sa région natale, Bamako et Dakar, ville où il a achevé sa formation en journalisme et en communication. Un itinéraire fait d’obstacles et de détermination, présenté comme une leçon de persévérance à l’endroit des futurs professionnels des médias.
Sur le plan professionnel, le conférencier a retracé son évolution, depuis ses premières armes à l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) jusqu’à sa nomination à la tête de l’Amap. Il a détaillé les missions stratégiques de cette agence publique, pivot de la diffusion de l’information institutionnelle au Mali, tout en reconnaissant les contraintes inhérentes à son statut.
Au cœur de son intervention : la question de l’objectivité. Dans un contexte institutionnel marqué par des attentes fortes, comment concilier le devoir d’informer avec l’exigence de loyauté envers les institutions ? Pour Alassane Souleymane, le journaliste doit s’efforcer de maintenir une ligne d’équilibre, fondée sur la rigueur professionnelle, la vérification des faits et le sens de la responsabilité.
La conférence, ouverte par le doyen de l’UFR Journalisme et Communication, Dr. Zufo Alexis Dembélé, s’est poursuivie par une séance d’échanges nourris. Les étudiants ont interpellé le directeur général de l’Amap sur les réalités du marché de l’emploi, la précarité dans les médias, les pressions éditoriales et les exigences éthiques du métier.
Les réponses franches et pédagogiques, ont permis de lever certaines appréhensions tout en rappelant la nature exigeante de la profession. « Le journalisme n’est pas un métier de confort », a-t-il laissé entendre en substance, invitant les étudiants à cultiver la compétence, l’endurance et l’intégrité.
Au-delà du protocole académique, la rencontre aura servi de transmission d’expérience. En exposant les réussites comme les difficultés de son parcours, Alassane Souleymane a rappelé que le journalisme demeure une vocation, mais aussi un engagement éthique permanent.
À l’UCAO-UUBa, la tradition des conférences du mardi confirme ainsi sa vocation : créer un espace de dialogue direct entre praticiens confirmés et futurs journalistes, à un moment où la crédibilité des médias constitue un enjeu central pour la démocratie malienne.
Moriba Camara
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