Plus de 30 jours après la présidentielle contestée du 12 octobre 2025, la tension reste explosive : Anicet Ekane, figure de l’opposition et soutien de Issa Tchiroma Bakary, rejette catégoriquement toute négociation avec le régime de Paul Biya. Toujours détenu au Service Central des Recherches Judiciaires de Yaoundé, il affirme subir des pressions répétées mais refuse de « trahir le peuple ». « Négocier, c’est trahir », martèle-t-il, dans un message devenu viral. Dans un climat où arrestations, séquestrations et accusations d’abus se multiplient, une question demeure : le régime peut-il encore contenir la contestation grandissante ?
Anicet Ekane durcit le ton face au régime
Détenu depuis plusieurs semaines, le président du MANIDEM reste inflexible. Il affirme avoir été approché à plusieurs reprises pour ouvrir un dialogue discret avec le pouvoir en place, mais il dit avoir tout refusé.
« Négocier, c’est trahir ! » écrit-il dans une publication sur Méta.
Pour lui, toute discussion visant à « apaiser » la crise serait perçue comme une tentative d’étouffer la vérité des urnes. Il rappelle que, selon lui, le respect du verdict populaire est un préalable non négociable.
Cette fermeté alimente un débat brûlant à Yaoundé, où plusieurs observateurs estiment que le pouvoir cherche à fragmenter l’opposition en ciblant ses figures les plus radicales.
Le combat pour la libération des détenus politiques
L’autre bataille qu’Anicet Ekane mène depuis sa cellule concerne la situation des personnes arrêtées durant les manifestations post-électorales.
« La libération des détenus politiques et de tous les citoyens incarcérés arbitrairement est une exigence absolue », insiste-t-il.
Cette déclaration intervient alors qu’il dénonce publiquement la confiscation de ses dispositifs médicaux, notamment un extracteur d’oxygène indispensable à son traitement.
Selon ses proches, cet acte aurait « mis sa vie en danger ».
Son cas n’est pas isolé. Plusieurs figures, dont Djeukam Tchameni et le Pr Jean Calvain Aba’a Oyono, sont elles aussi toujours détenues dans des conditions jugées arbitraires.
Un symbole de résistance dans une crise qui s’aggrave
Pour beaucoup de militants, Anicet Ekane est devenu un symbole de résistance, notamment depuis qu’il soutient fermement la revendication de victoire d’Issa Tchiroma Bakary.
Du côté du pouvoir, on espère que la pression judiciaire et l’usure du temps affaibliront le mouvement.
Mais sur le terrain, la frustration monte.
Des leaders communautaires du Littoral et du Centre affirment que la crise post-électorale « ravive les fractures nationales » et que la détention prolongée des opposants pourrait provoquer une radicalisation inattendue.
Face à cette dynamique explosive, plusieurs analystes estiment que le risque d’un blocage institutionnel prolongé n’a jamais été aussi élevé.
Dans cette crise encore loin d’être résolue, la voix d’Anicet Ekane rappelle que le Cameroun traverse une période charnière. Sa détermination pose une question essentielle :
jusqu’où ira l’opposition pour imposer sa lecture du verdict électoral ?
Les prochains jours pourraient profondément influencer la trajectoire politique du pays.
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