Un chiffre impressionnant ouvre les débats : 18 États africains réunis d’urgence à Dakar pour décider de l’avenir de la navigation aérienne sur un espace couvrant plus de 16 millions de km². La 76ᵉ réunion extraordinaire du Comité des Ministres de l’ASECNA, présidée ce vendredi par Ousmane Sonko, place le Cameroun au cœur des discussions. La poignée de main remarquée entre le Premier ministre sénégalais et Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehè, ministre camerounais des Transports, a immédiatement fait réagir les observateurs :
« Ce n’est pas du jeu, le Cameroun pèse lourd ici », glisse un diplomate présent au King Fahd Palace.
Mais que révèle vraiment cette session stratégique ?
ASECNA 76ᵉ réunion : le Cameroun au premier plan des négociations
La rencontre extraordinaire a pour objectif de valider deux documents majeurs :
- le Plan d’Orientation Stratégique 2026–2035, véritable feuille de route pour la prochaine décennie ;
- le Plan de Services et d’Équipements 2026–2030, qui fixe les investissements prioritaires.
Le Cameroun, utilisateur central de l’espace aérien ASECNA et plateforme aéronautique régionale, joue un rôle clé dans les arbitrages.
En coulisses, un participant confie :
« Le pays ne veut plus subir, il veut influencer les décisions, notamment sur les radars, la surveillance satellitaire et les communications aériennes. »
La présence de Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehè illustre cette volonté d’impacter les futures orientations.
Enjeux pour l’Afrique : modernisation, sécurité et nouvelles routes aériennes
Les États membres doivent répondre à plusieurs défis :
- vieillissement des équipements,
- hausse du trafic aérien,
- cybermenaces visant les systèmes de navigation,
- transition numérique de l’aviation,
- et montée en puissance des compagnies régionales.
Selon un expert rencontré à Yaoundé,
« Sans une modernisation rapide, certaines zones risquent un déclassement technique. On ne veut pas vivre la même galère que dans d’autres secteurs. »
Le projet CSTAR et le développement du champ pétrolier YOYO/YOLANDA ont également été évoqués, preuve que l’espace aérien, l’énergie et l’économie sont désormais interconnectés.
La 76ᵉ réunion extraordinaire de l’ASECNA apparaît comme un tournant majeur pour l’aviation africaine. Modernisation, sécurité, souveraineté technologique : les décisions prises à Dakar pèseront sur les dix prochaines années.
Une question demeure : l’Afrique parviendra-t-elle enfin à bâtir un système aérien homogène, moderne et réellement souverain ?
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