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Atanganji ultimatum Cameroun ► sortie explosive

La scène a sidéré une partie du pays : en quelques heures, les propos incendiaires de Paul Atanga Nji ont franchi les frontières du simple discours politique pour devenir une menace frontale. À Mandjou, où la mairie calcinée porte encore les traces des tensions postélectorales, le ministre de l’Administration territoriale a lancé un ultimatum foudroyant contre Issa Tchiroma Bakary, accusé d’avoir “envoyé les gens dans la rue”. « Il va payer », a-t-il martelé. Une sortie d’une rare violence, qui choque même au sein du système. Jusqu’où ira ce bras de fer explosif ?

Entre colère ministérielle et crise post-électorale

La tournée de Paul Atanga Nji dans l’Est a pris des allures de règlement de comptes. Face aux murs noircis de la mairie de Mandjou, il n’a pas hésité à imputer à Issa Tchiroma Bakary la responsabilité directe des violences ayant suivi la proclamation de la victoire de Paul Biya.

« Aucune concession. Cet homme politique va payer », a-t-il lancé, en évoquant des actes de destruction, des documents brûlés et la mise à sac complète des bâtiments administratifs.
Une déclaration jugée « excessive et dangereuse » par plusieurs fonctionnaires rencontrés sur place, mais applaudi par des partisans du RDPC qui dénoncent eux aussi « les appels à la désobéissance » attribués à l’opposant.

Les tensions qui traversent Mandjou ne sont qu’un miroir grossissant d’un climat politique déjà saturé. Depuis le scrutin du 12 octobre, le pays vit au rythme de vidéos virales, de procès-verbaux contestés et d’accusations croisées. Sur les réseaux sociaux, les partisans d’Issa Tchiroma dénoncent une manœuvre visant à diaboliser leur leader.

Une stratégie de provocation ou un coup de force ?

Ultimatum d’Atanga Nji : menace politique ou diversion ?

À Yaoundé, lors d’une conférence de presse, Paul Atanga Nji a affirmé que des poursuites seraient engagées contre Tchiroma et certains de ses proches. Selon lui, l’opposant aurait “lancé des appels répétés à la désobéissance sur les réseaux sociaux”, ce que les partisans de Tchiroma qualifient de “montage grossier”.

Cette annonce intervient alors que plusieurs villes vivent encore sous tension. À Garoua, Maroua et Bertoua, la tournée du ministre a été perçue comme “une démonstration de force destinée à intimider la contestation”.
Des observateurs indépendants décrivent plutôt une stratégie de communication agressive destinée à détourner l’attention du chaos post-électoral.

Pour un ancien cadre de l’administration interrogé discrètement :
« Quand un pouvoir vacille, il menace fort. Ce n’est pas du jeu, ça annonce autre chose… »

Une paix possible par la menace ?

Alors que Paul Biya appelle officiellement au rassemblement, les mots d’Atanga Nji tirent dans une direction opposée. L’opposition parle d’un “discours guerrier” visant à criminaliser toute contestation pacifique.
Dans un pays où la question sécuritaire est déjà sensible, cette radicalisation verbale nourrit davantage l’incertitude.

Un habitant de Mandjou lâche, les yeux encore humides devant les ruines de la mairie :
« On veut la paix, pas la peur. Si on doit encore vivre comme ça, où va le Cameroun ? »

Le bras de fer Atanga Nji – Tchiroma ne fait que commencer. La vraie question est désormais simple : le dialogue reviendra-t-il, ou le Cameroun s’enfonce-t-il dans une crise plus dure ?

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