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Blocus : Le difficile quotidien de nos compatriotes

« Le blocus se manifeste de plusieurs façons. Dans certaines localités, les populations n’ont plus le droit de tenir des foires hebdomadaires, de se déplacer. Dans d’autres, elles n’ont même pas le droit de sortir », explique un spécialiste des questions sécuritaires.

Les raisons sont multiples à son avis. “Elles vont du refus de signer des ententes avec le Jnim, des représailles pour avoir informé les forces de l’ordre ou avoir collaboré avec les dozo”.

Dans le centre et le nord, des groupes armés liés au Jnim (affilié à Al-Qaïda) et à l’EI-Sahel utilisent de plus en plus des tactiques de siège : routes et pistes minées ou surveillées, barrages filtrants, interdiction de marchés hebdomadaires, « taxation » forcée (zakat), menaces contre les transporteurs, attaques de pinasses et de convois.

L’objectif est d’asphyxier localités et villages : plus d’entrées de vivres ni de carburant, évacuations sanitaires impossible, écoles fermées, flambée des prix. Ocha et des médias de terrain décrivent explicitement cette généralisation des blocus et la difficulté d’accès pour l’aide humanitaire en 2023-2025.

Cercle de Niono (Ségou) – Farabougou : siège lancé le 6-22 octobre 2020 par la Katiba Macina (Jnim) ; famine et enlèvements signalés, le village restant longtemps encerclé de facto même après l’intervention.

Douentza/Mopti – Boni : “blocus imposé depuis fin mai 2022”, relancé en 2024 par la Katiba Serma qui isole la RN16 ; levée partielle annoncée début avril 2025.

Frontière Mali-Burkina – Mondoro : octobre 2019 – juin 2023, long blocus Jnim signalé par des sources d’incidentologie (ACLED).

Région de Tombouctou – Ber, Tombouctou, Goundam, Tonka, Diré… : à partir du 8 août 2023, Jnim décrète un blocus régional ; attaque à la roquette du bateau “Tombouctou” le 7 septembre 2023 coupe aussi la voie fluviale sur le Niger.

Nord-Est (Ménaka, Gao) – 2023-2024 : l’EI-Sahel assiège et affame des centres urbains et de nombreuses localités alentour, poussant des milliers de familles à la faim.

Ouest (Kayes, Nioro-du-Sahel) – 2025 : Jnim étend la méthode de blocus à l’ouest (routes et ravitaillement), selon plusieurs reportages audiovisuels.

Léré (Tombouctou) – 2025 : blocus et violences récentes ; évaluation post-blocus fait état de besoins massifs (sécurité alimentaire, santé).

Blocages « macro » du carburant – octobre-novembre 2025 : Jnim revendique/organise des blocages du flux d’hydrocarbures qui provoquent pénuries, coupures et fermeture d’écoles jusqu’à Bamako.

Pour Ocha, les incidents d’accès (interdictions, menaces, barrages) ont fortement augmenté en 2025 par rapport à 2024, ce qui confirme l’extension géographique et l’intensification des blocus.

Les groupes armés terroristes, en coupant les routes et le fleuve, limitent les mouvements de l’armée, de ses supplétifs et des milices d’autodéfense, forcent les communautés au paiement de la zakat et d’autres amendes, bloquent les marchés, punissent les villages jugés ‘hostiles’. Les groupes armés terroristes utilisent également ces blocus comme levier politico-militaire pour obtenir des retraits de postes, la “neutralité” des communautés, des échanges de prisonniers ou même des rançons. La dernière en date, le blocus sur le carburant illustre une capacité à peser sur la vie nationale (pannes, écoles fermées), et à mettre en scène l’impuissance de l’État.

Alexis Kalambry

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