À peine lancée, Camcartour Travel suscite déjà de sérieuses interrogations dans le transport interurbain au Cameroun. La nouvelle compagnie de Carlos Ngoualem a démarré ses activités le 19 février 2026 sur l’axe Douala–Ouest, un marché réputé impitoyable. Malgré des bus neufs et une communication ambitieuse, plusieurs observateurs restent sceptiques. « Le plus difficile commence maintenant », confie un professionnel du secteur à Douala. Camcartour Travel peut-elle réellement survivre dans un environnement aussi brutal et concurrentiel ?
Un lancement ambitieux dans un secteur déjà saturé
Camcartour Travel a officiellement pris la route depuis Douala avec des liaisons stratégiques vers Mbouda et Bafoussam, deux axes clés reliant le Littoral à la région de l’Ouest. Sur le papier, la stratégie semble solide : flotte moderne, image premium et leadership porté par une personnalité politique connue, Carlos Ngoualem, actuel adjoint au maire de Douala 5e.
Mais la réalité du terrain est bien différente. Le transport interurbain camerounais est dominé par des opérateurs installés depuis plus de 20 ans, avec des réseaux solides, une clientèle fidèle et une maîtrise des coûts. Des compagnies comme Finexs, Garanti Express ou Général Express ont survécu à des crises économiques, à la flambée du carburant et à une concurrence féroce. Dans ce contexte, l’arrivée d’un nouvel acteur, même équipé de bus neufs, ne garantit en rien le succès.
Plus inquiétant, le modèle économique du transport repose sur une rentabilité fragile. Les coûts d’entretien, les pannes mécaniques, la gestion du personnel et la guerre des prix peuvent rapidement transformer un investissement prometteur en gouffre financier. Plusieurs compagnies lancées avec la même ambition ont disparu en moins de 5 ans.
Camcartour Travel face à des défis structurels majeurs
Le principal défi de Camcartour Travel reste la durabilité financière. Acheter des bus modernes est une chose, mais maintenir leur exploitation rentable en est une autre. Les routes camerounaises, souvent dégradées, accélèrent l’usure des véhicules et augmentent les coûts de maintenance. Sur l’axe Douala–Bafoussam, long de près de 300 kilomètres, les contraintes techniques et opérationnelles sont particulièrement élevées.
De plus, la concurrence impose des prix agressifs pour attirer les passagers. Dans un marché où le billet peut varier de 4 000 à 8 000 FCFA, la marge bénéficiaire reste limitée. Sans volume élevé et constant de passagers, la rentabilité devient rapidement compromise.
À Douala, certains professionnels du transport restent prudents. « Beaucoup commencent avec enthousiasme, mais peu tiennent sur la durée », confie un gestionnaire de terminal à Bonabéri. Cette réalité illustre la difficulté pour une nouvelle compagnie de s’imposer durablement.
L’autre facteur critique est la confiance des passagers. La fidélité se construit avec le temps, la régularité et la fiabilité. Camcartour Travel devra prouver sa capacité à assurer des départs réguliers, éviter les pannes et maintenir un service de qualité. Sans cette constance, l’effet nouveauté disparaît rapidement.
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