Un nouvel épisode politique secoue Yaoundé. Le 9 janvier 2026, Olivier Bile, leader du mouvement Les Libérateurs, a officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour demander la destitution de Paul Biya, réélu lors du scrutin du 12 octobre 2025. L’initiative, rare et explosive, relance le débat sur la gouvernance et la légitimité institutionnelle. « Il faut agir dans l’intérêt supérieur de la Nation », avance-t-il. Cette démarche peut-elle aboutir ?
Une procédure fondée sur le droit constitutionnel
Dans sa correspondance adressée au Secrétaire général du Conseil constitutionnel et enregistrée au greffe, Olivier Bile invoque l’article 55, alinéa 3, de la loi n°2004/004 du 21 avril 2004, modifiée en 2013. La requête vise l’ouverture d’une procédure de destitution du chef de l’État, au motif d’une incapacité à poursuivre normalement l’exercice de ses fonctions. L’auteur s’appuie sur des précédents internationaux où des présidents ont été démis à la suite de démarches citoyennes ou institutionnelles similaires.
Ancien candidat à la présidentielle, notamment en 2011, l’universitaire de 58 ans affirme agir dans un cadre strictement légal. Il rappelle aussi le contexte politique actuel, marqué par l’attente d’un nouveau gouvernement depuis la prestation de serment du 6 novembre 2025. À Yaoundé, la démarche alimente discussions et interrogations sur la recevabilité juridique et les suites possibles.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été communiquée par l’institution saisie. Les observateurs scrutent les prochains actes procéduraux, conscients que le dossier touche au cœur de l’équilibre des pouvoirs.
La saisine du Conseil constitutionnel par Olivier Bile ouvre un front inédit contre Paul Biya. Le droit primera-t-il sur le politique ? Le pays attend désormais la réponse de l’institution.
Crédito: Link de origem
