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Cameroun eau électricité ► Alerte du sous-préfet

Dans l’arrondissement de Nsem, un fait inédit secoue l’administration : un sous-préfet affirme noir sur blanc qu’il vit « dans les ténèbres » faute d’eau et d’électricité. Une situation choquante dans un pays où l’État est censé garantir les services essentiels à ses représentants. La correspondance officielle, devenue virale sur les réseaux sociaux, révèle aussi que 35 % des mini-centrales solaires rurales seraient déjà hors service, selon des données internes. « Comment un représentant de l’État peut-il puiser l’eau à la lampe torche ? », s’indigne un habitant du coin. Cette affaire marque-t-elle un tournant dans la dénonciation publique des défaillances locales ?

Face à une crise d’eau et d’électricité qui dure depuis des mois, le sous-préfet de Nsem (département de la Haute-Sanaga, région du Centre) a décidé de briser le silence. Dans une lettre officielle adressée au maire et datée du 18 novembre, le représentant de l’État décrit une situation « alarmante » qui affecte aussi bien les ménages que les administrations locales.
Un document rare, à la fois administratif et désabusé, devenu viral tant son ton tranche avec la langue de bois habituelle.

« Monsieur le Maire, la résidence de l’Autorité Administrative dort dans les ténèbres depuis trop longtemps », écrit-il sèchement, soulignant l’effondrement simultané du service de distribution d’eau et de l’électricité.

Cameroun : la panne totale des services publics à Nsem

Le sous-préfet va plus loin : il exige que sa résidence soit équipée d’un point d’eau et d’un kit solaire dès le budget 2026, faute de quoi il demeurera dans des conditions indignes.
Une requête personnelle, certes, mais qui illustre une crise beaucoup plus large : les installations énergétiques de Nsem — notamment les mini-centrales solaires — sont pour la plupart à l’arrêt.

Selon des informations internes au ministère de l’Eau et de l’Énergie, près de 35 % des centrales solaires rurales construites entre 2020 et 2024 ne sont plus opérationnelles.
Mauvaise maintenance, absence de pièces, ou “projets mal pensés”, selon un ingénieur rencontré par 237online.com.

Un habitant raconte, amer :
« Ici, ce n’est pas du jeu. Même l’État souffre comme nous ! »

Cameroun eau et électricité : la lettre qui met le feu aux poudres

En demandant officiellement un kit solaire pour sa propre résidence, le sous-préfet révèle involontairement l’ampleur du malaise.
Son courrier évoque clairement les conséquences politiques de cette carence chronique :
« Les populations ne sauraient être satisfaites de la Commune et du Gouvernement par ricochet », écrit-il.

Ce passage interpelle. Dans un contexte de décentralisation souvent critiqué, les habitants des zones rurales vivent au quotidien les effets de la faillite des services publics.
À Nsem, l’eau manque, les lampadaires ne fonctionnent plus, et les bâtiments administratifs utilisent encore des lampes-tempête.

Un conseiller municipal confie, presque gêné :
« On s’est habitués à gérer la pénurie. Mais qu’un sous-préfet écrive cela, c’est grave. »

Pour les experts, cette lettre n’est pas une simple réclamation : c’est un signal rouge adressé à Yaoundé sur l’état réel des infrastructures locales.

L’affaire du sous-préfet de Nsem révèle une vérité inconfortable : dans certaines zones du Cameroun, même les représentants de l’État sont désormais victimes de la défaillance des services essentiels. Une réalité qui pourrait pousser les autorités à réagir, tant la situation commence à indigner jusque dans les rangs administratifs.
Faut-il attendre qu’un autre sous-préfet vive à la bougie pour prendre enfin des mesures durables ?

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