Une cargaison massive de Guinness en provenance du Nigeria a été interceptée hier à Karata (Sud-Ouest). 5 160 bouteilles et canettes, transportées dans un camion Toyota Dyna, échappaient à tout contrôle douanier. Une fraude qui prive l’État de millions de FCFA et menace des milliers d’emplois locaux. Mais derrière cette saisie, des questions se posent : et si certains géants brassicoles jouaient un double jeu ?
Une filière locale en péril La contrebande de boissons alcoolisées, notamment de Guinness, asphyxie l’industrie camerounaise. Selon les Douanes, cette saisie représente un manque à gagner de plus de 12 millions de FCFA en droits de douane. Pire, elle fragilise la SABC (filiale de Castel), qui emploie directement ou indirectement 6 000 personnes, notamment des producteurs de sorgho. « Ces produits illégaux inondent nos marchés à bas prix, tuant nos emplois », déplore un brasseur de Douala sous couvert d’anonymat.
Castel, victime… ou complice ? Si les autorités pointent du doigt les trafiquants, des rumeurs persistantes suggèrent que certains acteurs industriels pourraient organiser eux-mêmes des livraisons frauduleuses pour contourner les taxes, avant de faire arrêter des concurrents pour redorer leur image. Une stratégie déjà évoquée dans d’autres secteurs. « Pourquoi la SABC, qui domine 80 % du marché, ne dénonce-t-elle pas plus fermement ces pratiques ? » s’interroge un opérateur économique de Douala.
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