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Cameroun : Lancer des bourses agricoles pour régler les problèmes d’abondances et de pénuries sur le marché

Des cris de détresse nous viennent des producteurs de tomate qui se retrouvent obliger de sillonner nos quartiers pour brader leurs produits. Leurs produits étant périssables, ils vendent à perte pour limiter les dégâts. La question que l’on peut se poser est de savoir comment l’on peut pousser les jeunes à se lancer dans l’agriculture alors que l’activité agricole ne paie pas. Aussi, le consommateur peut se demander pourquoi les prix des produits agricoles sont autant volatiles sur le marché. La réponse à toutes ces questions se trouve dans l’absence des bourses agricoles au Cameroun.

Pour faire simple, une bourse agricole est une plateforme de marché pour l’échange et la cotation de matières premières agricoles. Elle vise à structurer le commerce des matières premières agricoles. Elle permet de gérer la volatilité des prix et de stocker les productions. L’avantage d’une bourse est qu’on y retrouve des négociants qui font la cotation sur la base de l’offre et de la demande. C’est pour cela que le prix du cacao avait grimpé rapidement en 2025. On évalue l’ensemble de la production et l’ensemble de la demande avant d’attribuer un prix. Le drame est que les produits pourrissent d’un côté alors qu’il y a pénurie de l’autre côté.

Le ministère du commerce ne joue pas son rôle dans la partition. Le ministre croit que son rôle est de vendre le riz devant le ministère ou au boulevard du 20 mai. Il doit réguler le marché : La bourse est constituée entre autres des producteurs, des consommateurs et des négociants. On n’admet l’importation d’un produit qu’à la hauteur de la quantité nécessaire pour combler le déficit de production signalé. Et en cas d’abondance, on protège le marché. Et l’on n’exporte que l’excédent de production, pas comme de nos jours où le gouvernement se vante d’exporter le riz ou la banane alors qu’il y a pénurie sur le marché local. Comment la banane peut-elle pourrir au port de Douala et constituer un « drame national » alors qu’il y a pénurie de banane sur le marché à Douala. Un autre crime économique du ministère du commerce au Cameroun est que la tomate locale pourrit alors que le pays importe la tomate. C’est fou, non ?

Rappelons que selon le MINADER (2023), l’on enregistre jusqu’à 45% de pertes post-récoltes au Cameroun selon les filières. Cela signifie que dans un pays ravagé par la famine, près de la moitié de la production agricole locale pourrit entre les mains des producteurs. Par conséquent, ces derniers abandonnent le secteur et trouvent refusent dans la moto-taxi et d’autres sous-métiers précaires.

Il est extrêmement urgent d’institutionnaliser les bourses agricoles qui structurent les filières et renforcent la souveraineté alimentaire. Si le Cameroun était un pays normal et si son gouvernement travaillait vraiment pour le peuple, alors des mesures immédiates devaient être prises pour sauver les meubles. En vue de ne pas laisser les producteurs au bord du suicide, de l’endettement et de la faillite, le gouvernement doit à l’immédiat suspendre la collecte de l’impôt synthétique de FCFA 150 000 exigible aux producteurs en détresse ainsi que la licence de transport qui paralyse leurs déplacements. Les agents municipaux et autres routiers doivent être maîtrisés pour éviter les abus qui aggravent la situation.

C’est maintenant ou jamais ! Ces jeunes iront vers les secteurs refuges et le Cameroun devra se retourner définitivement vers le Nigéria et le Gabon pour son approvisionnement. A nous de voir !

Louis-Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National SDF

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