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Cameroun PPP ► polémique autour du ministre Nganou

Selon plusieurs économistes camerounais, près de 40 % des projets routiers lancés ces dix dernières années accusent des retards ou des surcoûts majeurs, un chiffre qui fait grincer des dents en pleine crise budgétaire. Et pendant que le partenariat public-privé (PPP) s’impose dans l’énergie, l’hydroélectricité ou les péages automatiques, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, persiste à s’y opposer pour les routes. « Pourquoi refuser ce qui marche ailleurs ? », s’étonne un ingénieur rencontré à Nkolbisson. Ce refus soulève un véritable tollé.
Le Cameroun peut-il encore se permettre d’ignorer un modèle qui réduit coûts et délais ?

Un refus qui interroge alors que le PPP réussit partout ailleurs

Le PPP n’est pas un concept théorique sorti d’un manuel.
Au Cameroun même, il a transformé des projets majeurs :

  • Nachtigal, désormais opérationnel, malgré les critiques initiales ;
  • Kikot, en accélération depuis le passage en cogestion privée ;
  • centrales solaires de Maroua et Yagoua, prêtes à renforcer la capacité énergétique ;
  • autoroute Kribi–Lolablé, enfin livrée après la migration vers le PPP.

Ce modèle est même inscrit dans le cadre légal camerounais, voté par le Parlement.
Alors pourquoi le MINTP s’y oppose-t-il systématiquement pour les routes, l’un des secteurs les plus en souffrance ?

« C’est incompréhensible », souffle un membre du Bureau national des ingénieurs.
« Le PPP avance vite. Le budget, lui, s’étire comme du caoutchouc. Ce n’est pas du jeu ! »

PPP vs budget de l’État : un fossé de résultats frappant

Cameroun PPP : des succès visibles dans l’énergie, un blocage dans les routes

Dans l’énergie, le PPP a permis des bonds spectaculaires :

  • injection régulière de mégawatts,
  • gouvernance contrôlée,
  • transparence structurelle,
  • partage des risques financiers.

À l’inverse, les chantiers routiers financés intégralement par le budget de l’État affichent :

  • des coûts exorbitants (jusqu’à 7 milliards de FCFA le kilomètre, selon plusieurs audits),
  • des retards chroniques,
  • et une dépendance totale aux fonctionnaires du MINTP.

Le contraste est si fort que plusieurs investisseurs sud-africains et allemands – experts mondiaux du modèle PPP – auraient même quitté Yaoundé après avoir trouvé « porte close » au ministère.

👉 Lire aussi : Cameroun – Révélation : la route Babadjou-Bamenda passe enfin au béton

Pourquoi ce rejet du PPP ? Des questions qui dérangent

Cameroun routes : les choix de Nganou sous le feu des critiques

Pour plusieurs analystes, le refus du ministre semble moins technique que politique.
Dans le modèle PPP :

  • la gestion financière est portée par une entité autonome,
  • les partenaires privés contrôlent l’exécution,
  • la transparence est obligatoire,
  • les fonctionnaires interviennent moins dans la chaîne décisionnelle.

En clair : moins de leviers internes, plus de contrôle externe.

Un économiste de Douala résume :
« Le PPP enlève beaucoup de pouvoir administratif. Pas étonnant que certains freinent. »

Mais ce blocage a des conséquences directes :
routes abandonnées, surcoûts, ralentissement économique et perte de compétitivité régionale.

👉 Voir aussi : Cameroun : Révolution routière 2024 avec 674 km de routes réalisées !

Le paradoxe des péages automatiques : PPP pour encaisser, pas pour construire ?

Étrange contradiction :
le ministère refuse le PPP pour les routes…
mais l’accepte pour les péages automatiques.
Autrement dit, le secteur le plus rentable est confié au privé, mais pas celui qui sert le citoyen en premier.

Pour de nombreux observateurs, ce choix déséquilibré renforce l’incompréhension.
« On ne peut pas dire non pour les routes, et oui pour les péages. C’est quel jeu-là encore ? », s’insurge un transporteur de Bafoussam.

Le débat ne fait que commencer.
Le Cameroun possède un outil juridique solide, des investisseurs prêts, et des exemples locaux de réussite.
Pourtant, le ministre Nganou Djoumessi persiste à refuser le PPP pour les routes, au risque de freiner la modernisation du pays.

La vraie question désormais est simple :
combien de temps encore le Cameroun peut-il payer plus cher pour avancer moins vite ?

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