Selon plusieurs analyses relayées ces dernières années, plus de la moitié des Camerounais déclarent ne pas faire totalement confiance aux messages officiels de santé. C’est dans ce climat déjà tendu que l’article récemment signé par Clavère Nken, au nom de la cellule de communication du MINSANTÉ, entend rassurer les populations. Mais sur le terrain, l’accueil est plus mitigé que prévu. « On nous parle comme à des élèves », regrette une mère de famille, visiblement fatiguée des discours formatés. Pourquoi ce texte censé apporter la clarté finit-il par susciter davantage de questions que de réponses ?
Un plaidoyer vaccinal jugé trop théorique
L’article de Clavère Nken développe longuement les bénéfices de la vaccination, en s’appuyant sur des statistiques mondiales et des rapports internationaux.
Mais cette présentation, très institutionnelle, laisse plusieurs experts dubitatifs. Sur le terrain, dans les districts de santé du Centre, de l’Ouest, du Nord ou du Littoral, les réalités sont plus nuancées : ruptures de stocks, manque de personnels formés, centres débordés ou horaires imprévisibles.
Le texte ne reconnaît aucune difficulté concrète.
Résultat : la population a l’impression qu’on veut lui vendre une vérité toute faite, sans se soucier de ce qu’elle vit réellement.
Des chiffres internationaux… mais peu de données camerounaises
Cameroun vaccination : le manque d’ancrage local dans l’article de Clavère Nken
Dans son plaidoyer, Clavère Nken cite la réduction mondiale de la mortalité infantile et les millions de vies sauvées par les programmes vaccinaux.
Mais il ne mentionne aucun chiffre récent propre au Cameroun :
- quelle est la couverture réelle par région ?
- quelles zones sont en retard ?
- quelles maladies posent encore problème chez nous ?
- quelles sont les difficultés logistiques du Programme Élargi de Vaccination (PEV) ?
Sans indicateurs locaux, le message sonne comme un copier-coller institutionnel.
Dans les localités de Mbankomo, Ngoumou ou Maroua, les populations veulent comprendre leur situation, pas seulement celle du reste du monde.
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Un discours qui rassure peu et élude les vraies inquiétudes
Cameroun vaccination : ce que les citoyens attendaient du MINSANTÉ
L’article assure que les vaccins sont « strictement contrôlés » et « scientifiquement validés ».
Ces affirmations sont exactes sur le plan scientifique.
Mais de nombreuses familles reprochent à la communication du MINSANTÉ d’éviter certains sujets importants :
- Où sont publiés les rapports nationaux de pharmacovigilance ?
- Comment sont traités les incidents, même rares ?
- Pourquoi les chefs traditionnels et leaders communautaires sont-ils si peu impliqués dans la sensibilisation ?
- Quelles garanties locales sont offertes aux parents qui hésitent ?
En évitant de répondre à ces questions, le texte donne l’impression de minimiser les préoccupations des citoyens.
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La vaccination est essentielle. Mais un discours qui ignore la réalité du terrain peut faire plus de mal que de bien.
En voulant défendre la vaccination, l’article de Clavère Nken avait pour objectif de rassurer.
Mais son approche trop générale, trop théorique, et déconnectée des réalités camerounaises laisse un goût d’inachevé.
La population attend désormais un discours plus humble, plus proche du terrain, et plus transparent sur les défis réels.
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