À Casablanca, les couleurs nationales envahissent chaque coin de rue. Derrière ce folklore, un véritable commerce de circonstance s’est installé. Artisans et boutiquiers rivalisent d’ingéniosité pour profiter de l’effervescence de la CAN. Le temps de la compétition, de nombreux professionnels ont mis leurs activités habituelles entre parenthèses pour se transformer en vendeurs de gadgets. C’est le cas de Belamine Adranif, rencontré dans un marché de la capitale économique. «Je suis normalement réparateur de téléphones, mais en ce moment, ce sont les accessoires pour la CAN qui marchent. Surtout les jours de match, l’affluence est énorme. Je me suis donc transformé en vendeur de circonstance», confie-t-il, le sourire aux lèvres.
Même constat chez Youssef Mehri, la vingtaine, qui a temporairement délaissé la vente de prêt-à-porter féminin. «Le marché des vêtements est calme en ce moment. Je me suis converti dans la vente des drapeaux et maillots. Ça se vend super bien. Lors du match Maroc-Mali (1-1), j’ai passé tout mon stock de maillots. Si ça ne tenait qu’à moi, la CAN durerait jusqu’en juillet», at-il confié. Plus loin, Fatima Bouchra et Halim Nakem confirment la tendance. Fatima parvient à vendre entre 20 et 30 maillots par jour, tandis que Halim propose une gamme de chapeaux pour toutes les bourses. Tous n’ont qu’un vœu : voir les Lions de l’Atlas aller le plus loin possible pour faire fructifier leurs affaires.
Dans le ballet incessant des « petits taxis » (voitures rouges) et des « grands taxis » (fourgonnettes blanches) qui sillonnent Casablanca, les chauffeurs se frottent aussi les mains. Malgré l’afflux de touristes et de supporters, les tarifs restent réglementés, mais le volume de cours a explosé. «Le marché est très louable. Certains clients sont généreux et nous laissent des pourboires. On nous a demandé de maintenir les prix pour que la fête soit une réussite totale», explique Abdalah Yallah, conducteur de taxi. Le phénomène vestimentaire même des profils atypiques.
Ahmed Zulet, géographe de formation, a décidé de prendre le volant du taxi d’un ami pour la durée de la CAN : « Le travail dans mon domaine se fait rare. En conduisant pendant ce mois de CAN, je profite de la forte clientèle». Sa sympathie est d’ailleurs saluée par ses passagères, comme Marine Guèye, une supportrice sénégalaise : «Je monte souvent avec lui, il conduit bien et il est très honnête».
Entre opportunisme économique et ferveur patriotique, la CAN 2025 s’avère être une bouffée d’oxygène pour les travailleurs informels et les prestataires de services de Casablanca.
Envoyés spéciaux
Djènèba BAGAYOKO
Aliou SISSOKO
Djeneba BAGAYOGO
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